Renouveler la légitimité : le cas de la PAC
Imprimer
Envoyer par e-mailApprouvée et soutenue par les peuples des pays membres à sa naissance, la Politique Agricole Commune s'est attirée les foudres des critiques à partir des années 1970. Le processus continu de réforme enclenché en 1992, toujours en cours, n'a pas conjuré le sort : la PAC reste l'objet de diatribes récurrentes. De querelles de chiffres en formules clinquantes et peu rigoureuses, se distille le flot continu des critiques à l'égard de la politique la plus ancienne et la plus intégrée de l'UE.
Les souvenirs des disettes persistantes au sortir de la guerre ou d'une agriculture peu mécanisée sont lointains dans les mémoires de sociétés européennes désormais plus urbaines que rurales. A l'inverse, les dérives environnementales ou l'emballement du système de soutien par les prix, marquent encore les esprits.
Face à la pression exercée par d'autres impératifs communautaires - le budget agricole sert à chaque négociation budgétaire de pomme de discorde entre les Etats membres - et en l'absence de bilan explicatif, le risque est grand de plonger dans l'oubli des précieux apports, passés et présents, de la PAC. Citons les principaux : la sécurité et la qualité des approvisionnements alimentaires, un niveau de vie plus équitable pour la population agricole, des marchés plus stables, l'assurance de prix raisonnables aux consommateurs.
La légitimité de la PAC et celle du projet commun, qu'elle contribue à incarner depuis 50 ans, nécessitent plus que jamais, que les parties prenantes à la politique agricole européenne se saisissent du débat qui s'ouvrira en 2008-2009, lors du « bilan de santé » de la PAC. Ses partisans devront, pour raviver la légitimité, se livrer à un devoir d'explication des mesures passées et devront désigner les nouveaux défis agricoles, alimentaires et territoriaux à relever à moyen terme.
Dans cet effort de réflexion, nous proposons d'étudier dans la première phase du projet de recherche PAC 2013 ces enjeux qui pourraient structurer l'agriculture de demain. Ce mois-ci avec Josef Schmidhuber, économiste sénior de la FAO, Notre Europe pose une question décisive pour les futures orientations de l'agriculture européenne : Le développement des biocarburants se fera-t-il au péril de la sécurité alimentaire ?



Lire la suite








