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Union européenne et Citoyens

Entretien avec António Vitorino à l'occasion du Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011

le 07 Décembre 2011 à 12:37
Entretien par António Vitorino

A l'occasion du Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011, António Vitorino, Président de Notre Europe, prend position sur l'évolution de la crise de la zone euro, les "eurobonds" et le rôle de la BCE, le contrôle des budgets des Etats membres par l’UE, la révision des traités européens et la politique énergétique européenne.


1 - Que pensez-vous de l’évolution de la crise qui affecte la zone euro et des réponses apportées à ce stade par les chefs d’Etat et de gouvernement européens et les institutions européennes ?


Comme la plupart des observateurs, je constate que les réponses apportées par l’UE vont toujours dans la bonne direction, mais qu’elles sont souvent insuffisantes et tardives. On peut comprendre les raisons d’une telle « stratégie », mais cela ne signifie pas qu’on l’approuve !


Je comprends les difficultés à forger des compromis politiques au niveau européen, face à une crise d’ampleur inédite. La gouvernance de « l’UEM » est en train d’être largement redéfinie et il faut que les Etats membres et les citoyens prennent le temps de débattre des changements nécessaires. Le profond mouvement de réformes structurelles engagé dans de nombreux pays prend lui aussi logiquement du temps à être mis en œuvre et, plus encore, à produire ses effets.


Du point de vue de l’efficacité, force est cependant de souligner que les réponses apportées jusqu’alors n’ont pas réussi à contenir la crise et les effets de contagion qu’elle génère. Le résultat est que cette crise s’est malheureusement aggravée, et que nous en sommes à la « 25ème heure »... La technique des « petits pas » ne semble guère opératoire : il nous faut des réponses à la fois globales et massives, et c’est sur ce registre que le prochain Conseil européen est très attendu.


J’ajouterai que ce qui manque à ce stade est une réponse en termes de croissance – d’autant plus nécessaire au regard des efforts de rigueur engagés. C’est en maintenant un niveau de croissance convenable qu’on pourra le mieux réussir les ajustements en cours, en donnant un horizon plus mobilisateur aux citoyens. Tous les éléments d’un nouveau « paquet Delors » sont sur la table pour 2012 : relance du marché intérieur, adoption d’un nouveau cadre financier, financement de grandes infrastructures européennes, y compris via des « project bonds », etc.


Il faut désormais que les chefs d’Etat et de gouvernements s’emparent davantage de tous ces éléments, dans le cadre d’une stratégie de croissance européenne perçue et promue comme telle. Et il faut aussi que cet objectif de croissance soit mieux intégré aux efforts de coordination des politiques économiques nationales, y compris au moment de la révision des traités – cette « coordination » ne pouvant avoir comme seul but d’organiser la rigueur partout et pour tous.


2 – Quelle est votre position à l’égard des propositions actuellement les plus discutées, notamment l’émission d’« eurobonds » et des interventions plus massives de la BCE ?


Je dirai d’abord que ceux qui cherchent une solution miracle à la crise se trompent : il n’y a pas de formule magique ! La réponse à cette crise implique de combiner toute une série d’instruments, qui se renforcent mutuellement, avec un bon équilibre entre actions nationales et interventions européennes.


Plusieurs de ces instruments ont déjà été utilisés jusqu’à alors : plans d’assainissement des finances publiques nationales, aides bilatérales ou multilatérales (FESF), interventions conventionnelles et non conventionnelles de la BCE, recapitalisation du secteur bancaire, etc. Il faut à la fois tirer pleinement parti de leur utilisation combinée, tout en essayant d’amplifier leurs effets, aussi bien dans l’urgence que sur la durée.


La BCE a eu jusqu’à présent un rôle central, à travers ses initiatives de soutien au secteur bancaire européen et ses interventions sur le marché obligataire secondaire. Je suis certain qu’elle va poursuivre son action et même agir avec plus de détermination afin de préserver la stabilité du système financier européen. Elle doit le faire sans violer les traités et sans compromettre la crédibilité de son action future : ceci exclut de lui attribuer à ce stade un rôle de prêteur en dernier ressort. Il y a néanmoins des alternatives pour renforcer son action dans le respect des traités : on peut par exemple renforcer la capacité d’intervention du FESF et du Mécanisme européen de stabilité en explorant la possibilité que la BCE leur attribue, directement ou indirectement, une ligne de crédit.


La proposition d’émettre des « eurobonds » traduit l’idée que les dettes des pays européens doivent faire l’objet d’une garantie solidaire et collective liant l’ensemble d’entre eux. La Commission vient de proposer trois grandes options, dont les avantages et les inconvénients doivent être soigneusement analysés. Une chose semble certaine : s’ils veulent regagner la confiance des marchés et confirmer qu’ils sont sérieux quand ils affirment vouloir se battre pour la stabilité de la zone euro, les Etats membres ne peuvent refuser l’horizon de cette mutualisation de leurs dettes, fut-elle partielle, et qu’elle intervienne en dessus ou en dessous du seuil des 60% du PIB. J’observe que peu d’Etats la rejettent catégoriquement, y compris l’Allemagne, mais tout est une question de « timing ». Une telle mutualisation des dettes pourra sans doute plus facilement intervenir après que les actions de sauvetage en cours ont commencé à ramener le calme, et après que les Etats membres en difficulté ont démontré leur détermination à engager d’importantes réformes structurelles. Mais c’est assurément une voie porteuse pour la suite.


Pour lire l'intégralité de l'entretien, télécharger la pièce jointe.


Cet entretien a été repris sur le site de Fenêtre sur l'Europe.

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