Yves Bertoncini
Yves Bertoncini dans La Croix sur la place de la France en Europe
Le Secrétaire Général a répondu aux questions du quotidien La Croix daté du 13 mars, dans la rubrique "Votre question du jour" sur le thème "La France peut-elle faire cavalier seul en Europe".
Extraits:
«L’histoire de la construction européenne montre que
la France dispose d’une large capacité d’entraînement, d’un poids dans les
négociations, comme la crise de la dette en zone euro l’a récemment rappelé. En
ce sens, au-delà du contexte électoral français, on peut comprendre les
propositions de Nicolas Sarkozy sur Schengen comme un instrument de pression
dans des négociations européennes en cours.
Le contrôle aux frontières extérieures de l’espace
Schengen connaît une défaillance structurelle, en particulier à la frontière
gréco-turque, dont convient la Commission européenne et qui figure déjà sur
l’agenda européen. Mais menacer à cette fin ses partenaires, de façon frontale
et agressive, de sortir la France de Schengen est politiquement très
surprenant.
D’autant plus qu’une autre solution sans doute plus
efficace serait de mutualiser davantage de moyens aux frontières extérieures de
l’Union. De plus, juridiquement, dénoncer les accords impliquerait de se
retirer de la coopération policière et de l’échange d’informations, qui font
aussi partie de Schengen, et qui sont très utiles.
Il est plus difficile encore pour la France de faire
cavalier seul concernant un “Buy European Act” qui, lui, n’est pas sur l’agenda
européen, et de nourrir des tensions commerciales qui seraient mal perçues,
notamment par l’Allemagne. L’impression que l’essentiel des marchés publics
échapperait aux entreprises nationales ou européennes est loin d’être partagée
par tous. Le principe de marchés publics ouverts à une large concurrence est
même plutôt compris comme un gage de bon usage de l’argent public. Une
application française unilatérale contraire se heurterait au droit commercial
européen et aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.»


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