Tribune | 27/03/2003 

Pour l'ancien président de la Commission européenne, le désaccord actuel des pays membres et des Etats postulants n'est qu'une éape dans la construction de l'Union. L'élargissement doit se poursuivre.

Foi espérance dans l'avenir de l'Europe restent les maîtres mots de cet homme engagé. Devant la crise qui secoue le Vieux Continent, le plus actif des constructeurs de son unité nous reçoit dans son appartement du Quartier Latin. Sur la table du salon, un empilement de revues Esprit, Etudes, Le Débat, Christus, qui cohabitent avec le hors-série de Télérama consacré à Picasso et à Matisse, témoigne de la curiosité intellectuelle qui anime notre hôte.

La Vie : L'Irak en feu a mis l'Europe en crise. Elle semble plus divisée que jamais...

Jacques Delors : La situation est grave. Mais ce n'est pas la première fois que les Européens ne parviennent pas à se mettre d'accord sur une position commune en matière de politique étrangère. Rappelez-vous leurs divisions lors de la tragédie yougoslave et jusqu'à l'intervention en Bosnie, puis au Kosovo. Je  suis inquiet, mais je ne suis pas surpris. Je m'étais battu, lors de  l'élaboration du traitéé de Maastricht, contre une partie du texte qui parle de "politique étrangère et de sécurité commune". Les rédacteurs des traités ont écrit de belles promesses, qui n'étaient pas réalistes. NE berçons pas les Européens avec des songes. Nos vieilles nations ont leurs traditions, leurs pesanteurs historiques. J'avais proposé que chaque fois que les pays membres trouvent un accord pour réaliser une action commune de poliitique étrnagère ils agissent, après une réunion du Conseil européen, c'est à dire des chefs d'Etats et de gouvernement. Et si un ou deux pays ne souhaitaient pas y participer, ils se réfugient dans une abstetntion constructive. Cela n'a pas été adopté. L'intégration économique de l'Europe baigne la vie professionnelle et sociale des habitants de l'Union. Une politique étrangère et de sécurité commune demande beaucoup plus de temps, et les 15 n'ont toujouts pas de défense commune.




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