Tribune
| 02/06/2008

Voilà l'état d'esprit dans lequel les Européens sont appelés à penser l'avenir de l'Union européenne en ce début de 21e siècle. Centrée depuis 60 ans sur ses politiques internes et l'extension de son modèle par la voie de l'élargissement, l'UE doit maintenant se préparer à lancer de nouvelles solidarités et à déployer sa force normative dans le monde, si elle veut se tracer une voie dans la mondialisation. Voilà donc la devise que se sont donnés les treize think tanks européens réunis à l'initiative de Notre Europe et de la Fondation pour l'innovation politique pour adresser des recommandations aux gouvernements français, tchèque et suédois qui auront la charge d'assurer le prochain trio des présidences de l'Union jusqu'à la fin de l'année 2009.
Cette mobilisation inédite de autant de think tanks européens est bien le signe que la construction européenne est à un moment charnière : de juillet 2008 à décembre 2009, l'UE sera en effet confrontée à la ratification et - souhaitons-le - à la mise en oeuvre du traité de Lisbonne, à la révision budgétaire, aux élections européennes, au renouvellement de la Commission européenne, à l'élaboration d'une nouvelle stratégie pour la croissance et l'emploi (stratégie de Lisbonne) post-2010 et à la préparation d'une suite au protocole de Kyoto sur le changement climatique qui arrive à échéance en 2012.
Les Européens échoueront à relever ces défis, s'ils se cantonnent à l'approche sectorielle et bien souvent nationale qu'ils ont eu jusqu'à présent. Le décryptage des défis globaux qui nous entourent et qui ont profondément changé le contexte international (nouvelles puissances économiques, menaces sécuritaires diffuses, pressions migratoires, concurrence sur les ressources énergétiques, changement climatique, "¦) nous invite à un changement de méthode.
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Elvire Fabry :