Projet de recherche | Mis à jour 26/05/2011 
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Dix ans après le lancement de la Stratégie de Lisbonne - qui a eu des résultats insatisfaisants, même si certains points du bilan se montrent encourageants - l'UE a besoin de renouveler son modèle de développement pour faire face, d'une part, aux conséquences financières, économiques et sociales de la plus grande crise économique de l'après guerre et, d'autre part, aux défis globaux que sont notamment le renforcement de la concurrence internationale, le développement technologique, le vieillissement démographique et le changement climatique. Ces défis à la fois de court et long terme, dans le cadre actuel d'interdépendance des économies de l'UE, exigent une réponse commune.

Dans ce contexte, les Etats membres de l'UE ont besoin, plus que jamais, de se doter d'une stratégie de croissance commune. Estimant que la Stratégie UE 2020, qui vise une croissance intelligente, durable et inclusive, est une question centrale et transversale pour le futur de l'UE, Notre Europe contribue activement à alimenter la réflexion engagée sur sa définition et sa mise en oeuvre, en accordant une attention particulière aux points suivants :

Nouveau paradigme

La stratégie UE 2020 doit permettre le redressement des Etats membres de l'UE après la crise économique et garantir la transition vers un modèle de croissance renouvelée qui renforce les synergies entre la dimension économique, sociale et environnementale. La stratégie de développement de l'UE doit avoir pour objectif la création d'une économique faible à émission de carbone qui soit compétitive et inclusive.

Mise en oeuvre

La stratégie UE 2020 ne peut se limiter à de simples objectifs; la méthode employée pour les atteindre est bien entendu tout aussi déterminante. La gouvernance de la stratégie doit donc être au coeur du débat.

La Méthode Ouverte de Coordination, selon laquelle un échange des meilleures pratiques et pression par les paires est censé encourager les Etats membres à adapter et ajuster leurs politiques économique et sociale, est insuffisante pour stimuler l'action commune et pour atteindre les objectifs voulus. l'instauration d'instruments plus contraignants est nécessaire. Nous avons besoin d'une stratégie de « sticks and carrots » : les fonds de l'UE doivent être conditionnés aux résultats et à la compatibilité avec les objectifs de la stratégie UE 2020.

Il faut aussi une répartition claire des responsabilités entre les institutions européennes et les gouvernements nationaux. La priorité de la Commission européenne doit être de renforcer l'action de l'UE dans le domaine des compétences partagées de l'UE.

Communication et appropriation

Seule une meilleure communication et coopération entre les autorités nationales, la Commission européenne et les parties prenantes pourra permettre le degré d'appropriation nécessaire à la bonne mise en oeuvre de la Stratégie.

Le parlement européen et les parlements nationaux, les autorités régionales et locales, les acteurs socio-économiques ainsi que les partenaires sociaux ont tous un rôle à jouer dans la nouvelle stratégie. l'implication de nouveaux acteurs augmentera la pression sur les administrations nationales pour présenter des résultats. La communication doit être utilisée comme moyen de pression.

Réforme du budget de l'UE

Le budget européen après 2013 doit refléter les priorités politiques de la stratégie UE 2020 sans toutefois confronter les « nouvelles » priorités de l'UE aux « anciennes » politiques de l'UE. l'UE doit avoir les moyens de toutes ses ambitions. Ainsi, le budget devrait être augmenté, et ce notamment par la création d'une ressource européenne propre. Ceci peut-être mis en place par, notamment, une taxe carbone européenne - qui renforcerait le budget de l'Union et contribuerait en même temps à la transition vers une économie à faible émission de carbone - ou une taxe européenne sur les transactions financières.

Par ailleurs, l'idée de dotée l'UE d'une capacité d'emprunt, comme l'a proposé Jacques Delors dans son plan de croissance, compétitivité et emploi en 1993, permettrait à l'UE de financer des projets européens clés.

Lien avec la Politique Agricole Commune et la Politique de Cohésion

La coordination de la stratégie UE 2020 avec la politique de cohésion et la politique agricole commune doit être améliorée.

D'une part, la cohésion économique, sociale et territoriale est la pierre angulaire du projet européen, qui vise une Europe plus prospère. Dans ce contexte, le rattrapage des unités territoriales et groupes sociaux défavorisés par rapport aux moyennes européennes devrait être un objectif transversal de la stratégie UE 2020.

D'autre part, il faut souligner le potentiel de l'agriculture à contribuer activement à relever les défis de la Stratégie Europe 2020. En tant que politique la plus intégrée de l'UE, le lien entre la PAC et la Stratégie Europe 2020 doit impérativement être rétabli et approfondi. Après 2013 la PAC devrait encourager l'innovation, assurer les conditions d'une agriculture durable d'un point de vue économique et environnemental, contribuer à la protection des ressources naturelles, assurer la sécurité des approvisionnements, contribuer à la cohésion territoriale et à la croissance et à l'emploi dans les régions rurales.

Dimension extérieure

La stratégie UE 2020 doit être ouverte à l'extérieur et plutôt que de préparer l'Europe à la mondialisation, celle-ci doit viser à la façonner.

L'action extérieure de l'UE doit soutenir la stratégie UE 2020 d'une manière active. La construction d'une économie à faible émission de carbone qui soit compétitive et inclusive doit être accompagnée de la promotion des valeurs européennes sur la scène internationale. l'UE ne pourra pas surmonter les défis mondiaux si elle agit seule, dès lors qu'elle se retrouvera face à la concurrence déloyale d'autres pays qui n'ont pas les mêmes priorités s'agissant de l'équilibre entre les dimensions économique, sociale et environnementale.




En vue
Bref par Jacques Delors, Sofia Fernandes, Emmanuel Mermet | 09/02/2011
La réponse à court terme à la crise a été accompagnée d’une réflexion sur la réforme de la gouvernance économique européenne, alimentée par la Commission européenne et par les propositions de la task force présidée par Herman Van Rompuy. Ce débat a donné naissance au  « Semestre européen ». Après une présentation du contenu et des instruments de ce nouvel élément structurant de la gouvernance économique européenne post-crise, ce Bref aborde quelques questions qui méritent une attention particulière. En effet, le Semestre européen représente une avancée dans la gouvernance économique européenne cependant, il est insuffisant pour doter l’UEM du pilier économique dont elle a besoin.
Et aussi
Bref par Elvire Fabry, Sofia Fernandes | 16/06/2010
A l'occasion du Conseil européen des 17 et 18 juin, Elvire Fabry et Sofia Fernandes, analysent dans ce Bref les enjeux de délibération et de communication qui permettraient dans les mois qui viennent de faire sortir la stratégie Europe 2020 de l'état « gazeux » - des seuls objectifs - dans lequel elle se trouve, à « l'état solide » d'une véritable mise en oeuvre stratégique. Ce bref s'inscrit dans la continuité des propositions faites dans le rapport « Think Global-Act European » au trio des présidences espagnole, belge et hongroise paru en mars 2010.
Notre actualité | 12/05/2010
Notre Europe a demandé à des membres de son Conseil d'Administration et du Comité Notre Europe de réagir à la Stratégie Europe 2020. Guy Verhofstadt, Maria João Rodrigues et Laurent Cohen-Tanugi nous présentent leurs points de vue.
Responsable
Chercheur.
Affaires économiques et sociales.
Email : sfernandes@notre-europe.eu