Entretien | 16/06/2010 
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A la veille du Conseil européen des 17 et 18 Juin, Tommaso Padoa-Schioppa exprime son opinion sur la gestion de la crise par l'UE depuis le Conseil européen du Printemps, les domaines prioritaires pour l'action de l'UE et la définition d'une stratégie pour l'économie européenne.

Comment décrivez-vous la gestion de la crise par l'Union européenne depuis le Conseil européen du Printemps ?

L'Union européenne et la Grèce ont toutes les raisons de considérer la gestion de la crise comme un grand résultat, dont la portée va bien au-delà de ce que la plupart des observateurs croyait possible.

Les décisions de mai sont constituées par deux ensembles D'actions : les mesures de redressement de l'économie grecque et celles mises au point par l'UE.

Le premier ensemble, qui est inscrit dans l'engagement pris par la Grèce vis-à -vis de la troïka (UE, BCE et FMI) en échange d'une aide financière, constitue un plan de redressement extrêmement vigoureux qui, comparé à ceux que d'autres pays ont mis en place dans des circonstances comparables, apparait comme très fort et très courageux. Le plan, visant à réduire le déficit public de 30 milliards d'euros pour le ramener d'ici 2014 sous le seuil de 3 % du PIB, a été adopté le 6 mai à la majorité absolue par le Parlement grec.

Quant aux décisions de l'UE, elles portent sur le paquet de soutien à la Grèce de 110 milliards d'euro, sur l'approbation d'un fonds de stabilisation de 750 milliards d'euro et sur les décisions de la BCE d'acheter, en cas de besoin, des titres de pays membres de la zone euro. Ces mesures vont bien au-delà de ce que les marchés jugeaient indispensable avant les réunions de mai ; qualitativement et quantitativement elles n'ont pas de précédent dans l'histoire de l'UE.

On reproche à l'UE de ne pas avoir agi assez rapidement et il est vrai que si les décisions avaient été prises deux mois plus tôt, on serait intervenu dans des circonstances où les marchés étaient moins nerveux. Mais il faut aussi dire que C'est dans la nature des décisions démocratiques extraordinaires comme celles-ci d'exiger une gestation plus longue que l'on voudrait. à€ l'UE, mais aussi à la Grèce, il a fallu du temps pour que la volonté politique d'accomplir un véritable tournant se forme. d'ailleurs, si on compare le temps de décision de l'UE à celui des Etats-Unis à l'automne 2008, suite à la panique générée par la faillite de Lehman Brothers, on voit que la mise en oeuvre du « Troubled Asset Relief Program » (TARP) n'a pas été plus rapide et s'est même heurté à un vote négatif du Congrès. Ce n'est pas seulement en Europe que le temps de réaliser la volonté politique est plus long que celui de la pure conception des mesures...




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L'auteur
Tommaso Padoa-Schioppa est décédé le 18 décembre 2010 à l’âge de 70 ans. Il était Président de Notre Europe et de Promontory Europe. Il avait été nommé le 3 août 2010 par le Premier Minsitre grec, George Papandreou, Conseiller pour les questions liées à la gestion de la crise économique et de la dette publique au système financier. Il était Président du Comité des Garants de la Foundation & International Financial Reporting Standards (IFRS). Il était ancien Ministre de l'Economie et des Finances italien (2006-2008) et Président du Comité Ministériel du Fonds Monétaire International (IMFC, 2007-2008). Il a été Président de la Fondation de l'IASC (International Accounting Standard Committee, 2005-2006). Entre 1998-2005, il fut membre du premier Conseil d'Administration de la Banque Centrale européenne. Auparavant il fut Président de la Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (CONSOB, 1997-98), Directeur Général Adjoint de la Banca d'Italia (1984-97) et Directeur Général pour les Affaires Economiques et Financières à la Commission  européennes (1979-83).  Co-rapporteur du Comité Jacques Delors pour l'étude sur l'Union Economique et Monétaire (1988-1989) ; président du Comité Consultatif Bancaire de la Commission des Communautés européennes (1988-1991) ; du Comité de Bà¢le sur le Contrôle Bancaire (1993-1997) et du "Committee on Payments and Settlement Systems" du G10 (2000-2005).  
En vue
Entretien par Tommaso Padoa-Schioppa | 24/03/2010
A la veille du Conseil européen du printemps, Tommaso Padoa-Schioppa exprime son opinion sur la réponse de l'UE à la crise grecque, le rôle du FMI, les leçons à tirer de cette crise, la possibilité d'exclusion d'un pays de la zone euro et la gouvernance économique de l'UE.
Et aussi
Bref par Tommaso Padoa-Schioppa | 21/05/2010
Tant qu'elle avait frappé une banque, un secteur industriel ou un État voisin, on a pu faire semblant que la crise ne mettait pas en danger l'Union Européenne. Mais dès lors qu'elle a investi un pays de la zone euro comme la Grèce, il est apparu évident que, sans en être responsable, elle pouvait devenir la principale victime de la grande crise mondiale actuelle [...] Une fois de plus, une opportunité et un risque se présentent donc simultanément à l'Europe. l'Union a Aujourd'hui la nécessité, et donc l'opportunité, de compléter son projet.
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