| 22/12/2011 
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Dans un entretien accordé au journal portugais « Publico », António Vitorino analyse la situation de la zone euro et de l’UE en évaluant les résultats du récent Conseil européen. Notre Europe propose une version française de cet entretien, paru sous le titre : « Le problème de l’Allemagne n’est pas d’avoir raison mais de devoir apprendre comment avoir raison ».

Extraits

Il n’y a probablement personne qui, mieux qu’António Vitorino, peut nous conduire dans les méandres des décisions prises au dernier Conseil européen, considérées comme essentielles pour freiner la crise de l’euro. En réagissant encore à chaud, l’ancien commissaire et aujourd’hui président de Notre Europe attire l’attention sur les risques d’une réforme des traités hors du cadre de l’Union européenne ainsi que sur la nécessité de légitimation démocratique des décisions tout en recommandant plus de tolérance vis-à-vis de l’Allemagne.

La première question est, probablement, la plus difficile. Les résultats de ce sommet ont-ils été suffisamment convaincants pour ouvrir la voie à la résolution de cette crise et donner des garanties aux marchés ?

Nous aurons la réponse à cette question au cours des semaines qui viennent. Cependant, en tant qu’observateur attentif, j’avoue que ça me paraît insuffisant. Une réponse a été apportée à une partie importante du problème, qui concerne le « pacte budgétaire » : les indications pour le moyen terme concernant l’assainissement budgétaire et la construction d’une union économique sont là, dans leurs principaux éléments. Nous avons cependant réalisé moins que ce qui était attendu et, surtout, moins que ce qui était nécessaire en ce qui concerne les garanties de liquidité de court terme. Et sur ce dernier point, la balle est maintenant dans le camp de la BCE.

La BCE a alimenté avant le sommet certaines attentes d’une intervention plus forte, dans le cas où il y aurait ce « pacte », mais elle les a rejetées par la suite. Et aucun signe en ce sens n’a découlé du sommet, bien au contraire.

La BCE est déjà sur le terrain dans la facilitation de l’accès du système bancaire à la liquidité. Et ceci révèle une intervention plus active : des prêts avec des maturités élargies à trois ans, l’élargissement des collatéraux admis pour le refinancement du système bancaire. Il s’agit là de savoir si elle va être plus active dans son intervention sur les marchés de la dette souveraine. Et sur ce point, nous devons attendre pour voir. Les indications du président de la BCE ont d’une certaine manière été contradictoires. Mais il manque toujours un lien : la possibilité d’une intervention directe de la BCE dans le renforcement financier du FESF. Ceci ne s’est pas vérifié et à la place, les Etats ont engagé une voie parallèle à travers le renforcement du FMI, avec des dotations bilatérales des Etats membres d’un montant de 200 milliards d’euros, qui n’aura un effet de levier que si les autres partenaires mondiaux, notamment les Etats-Unis et la Chine, soutiennent ce renforcement…

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L'auteur
Homme politique portugais, ancien Ministre de la Défense et ancien Commissaire européen. Mr Vitorino a pris ses fonctions en juin 2011. Avocat de profession, il enseigne à l’Université de Lisbonne depuis 1982. Il est, depuis 2005, président de l’Assemblée Générale de la Banque Santander Totta et associé du cabinet d’avocats Cuatrecasas, Gonçalves Pereira & Associados.
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