La stratégie européenne pour l'emploi appliquée aux pays candidats, premier essai d'évaluation
Note | 18/07/2002
L'analyse qui suit a été principalement réalisée au cours de l'automne 2001, dans le cadre d'un stage à l'Observatoire social européen. Elle a fait l'objet d'une actualisation succincte au printemps 2002, afin de tenir compte des conclusions du Sommet de Barcelone et des progrès des négociations d'adhésion.
Avant propos de Marjorie Jouen
Dans la déjà longue histoire communautaire, la Stratégie européenne pour l'emploi et plus généralement le processus de Lisbonne font figure de pratiques « en rodage » pour les Etats membres. En dépit d'un certain scepticisme de la part des tenants de la méthode communautaire et des critiques fréquentes portant sur le caractère compliqué d'un tel processus, il faut reconnaître que la méthode ouverte de coordination appliquée à l'emploi entre progressivement dans les moeurs ; elle a permis de moderniser en douceur les services publics de l'emploi et a contribué à rendre plus efficace et efficiente la lutte contre le chômage en Europe. Compte-tenu de l'ampleur de leur chômage, il était assez tentant d'essayer de l'étendre aux pays candidats, sans attendre leur adhésion. Ainsi, les gouvernements des pays d'Europe centrale et orientale peuvent-ils commencer à se référer aux pratiques des Etats membres pour engager leurs réformes dans le domaine social, en dehors du champ balisé par l'acquis communautaire, et à se dégager progressivement des conseils prodigués par les organisations internationales, comme la Banque mondiale ou le FMI. l'analyse des premiers plans nationaux ne permet toutefois pas de faire la part des choses entre l'agrément de façade et la réalité des engagements. Lorsqu'ils sont rapprochés des évaluations conjointes et des rapports réguliers de la Commission, on mesure pleinement les écarts souvent structurels qui séparent les Etats membres actuels et futurs. Ainsi, apparaissent clairement deux problèmes : Le premier - la nécessité de construire des réponses différenciées aux besoins spécifiques des pays candidats - est relativement aisé à résoudre dans le cadre de la Méthode ouverte de coordination. Il suffit de l'accompagner d'une évaluation et d'un suivi de qualité par la Commission, de procéder à des aménagements ou de compléter les lignes directrices et d'inventer une nouvelle forme d'assistance technique. Le second - l'absence de stratégie explicite de la Commission pour permettre aux PECO de sortir de la situation de « pays candidats en transition économique » et de devenir des « Etats membres à part entière » - est nettement plus grave. En effet, à deux ans de l'adhésion, il ne fait plus guère de doute que la transition vers l'adhésion sera aussi éprouvante pour les PECO que celle vers l'économie de marché, qui a focalisé toute leur attention depuis 10 ans. Ils auront besoin d'instruments adaptés, sortes de « guides » de réformes des politiques nationales, qui les mèneront sur le chemin de la convergence. La méthode ouverte de coordination pour l'emploi en est probablement un bon exemple. Ne faudrait-il pas songer dès maintenant à en faire bénéficier d'autres domaines ?