Projet de recherche | Mis à jour 09/03/2010 
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Du 4 au 7 juin 2009, les électeurs européens ont été appelés aux urnes pour renouveler leurs représentants au sein du Parlement européen. Ce rendez-vous essentiel pour la démocratie européenne a lieu tous les cinq ans, et ce depuis trente ans. Ainsi, depuis 1979, ces élections confèrent au Parlement européen une grande légitimité démocratique, puisqu’il est le seul organe communautaire directement élu par les citoyens. C’est d’ailleurs cette légitimité démocratique qui a servi de moteur à la montée en puissance progressive de cette institution. L’ « Assemblée parlementaire européenne » des débuts, composée de parlementaires nationaux désignés par leurs pairs et réduite à un rôle consultatif, est devenue, au fil des traités, un Parlement européen disposant de compétences budgétaires, législatives et politiques. La procédure de codécision, introduite par le Traité de Maastricht, met ainsi le Parlement européen sur un pied d’égalité avec le Conseil des ministres pendant la procédure décisionnelle.

Cependant, si le Parlement européen a vu son rôle augmenter considérablement, le taux de participation aux élections européennes a connu un sort inversement proportionnel. En effet, si en 1979 63% des électeurs européens s’étaient déplacés pour voter, seulement 45,5 % ont fait de même en 2004. Les élections de juin 2009 risquent de ne pas échapper à cette règle. Celles-ci se dérouleront en effet dans un contexte difficile : les conséquences sociales et économiques de la crise financière mondiale et la résurgence parallèle d’un réflexe de « chacun pour soi » se conjuguent avec une incertitude sur le sort réservé au Traité de Lisbonne qui devait notamment élargir les compétences du Parlement européen.

Par ailleurs, si le Parlement européen est perçu comme une institution importante, en laquelle les citoyens ont confiance, la couverture médiatique de celle-ci est faible et le travail du Parlement est souvent mal connu. Ce sont ces mêmes raisons que l’on invoque pour ne pas aller voter: manque d’information, mauvaise connaissance du Parlement, sentiment que vote ne changera rien. Dans un tel contexte, les scénarios qui prévoient une abstention record et une montée des extrêmes doivent être pris au sérieux.

Et pourtant, les élections européennes de 2009 n'ont pas manqué pas d’enjeux. Le Parlement européen a été le grand gagnant des dernières révisions des Traités, avec l’extension progressive du système de co-décision législative avec le Conseil. Mais le Parlement européen dispose également de pouvoirs budgétaires importants, qui seront renforcés si le Traité de Lisbonne entre en vigueur. Or, l’UE s’engagera au cours de la prochaine législature dans un réexamen de son budget, que les Etats membres ont tendance à réduire à un marchandage sans vision d’ensemble. Par ailleurs, même si le lien entre le résultat des élections européennes et le choix du Président de la Commission n’est formellement établi que dans le Traité de Lisbonne, le fait que cette désignation doive se faire au sein de la famille politique sortie gagnante au mois de juin relevait d’un accord implicite. Le Parlement européen a en effet approuvé le nom du Président que lui a proposé le Conseil. Le vote aux élections européennes exprime donc un choix beaucoup plus subtil que le oui/non très binaire d’un référendum. Il s'agissait d’une véritable occasion – rare puisqu’elle n’intervient que tous les cinq ans - d’exprimer sa vision de l’avenir de l’UE, selon sa sensibilité politique, et d’envoyer un signal fort vers les futurs eurodeputés mais également la nouvelle Commission.




En vue
Tribune par Gaëtane Ricard-Nihoul | 22/07/2009
Gaëtane Ricard-Nihoul était l'invitée d'Arnaud Pointus pour l'émission "Allo Bruxelles" sur RFI le 20 juillet 2009.
Et aussi
Note par Tommaso Padoa-Schioppa, Daniel Boy, Gérard Grunberg, Olivier Costa | 08/07/2009
A l’heure où l’assemblée nouvellement élue du Parlement européen se met au travail, Notre Europe publie quelques analyses des résultats des élections européennes, en particulier sur l’impact de la nouvelle composition du PE sur son fonctionnement, et sur la position des Verts et des Socio-démocrates dans l’UE. A cette occasion, Notre Europe publie la version anglaise de la note rédigée par Gaëtane Ricard-Nihoul au lendemain des élections européennes («élections européennes : cinq réflexions pour susciter le débat »).
Note par Gaëtane Ricard-Nihoul | 15/06/2009
L'auteure analyse les résultats des élections européennes autour de 5 questions : se résigner à l'abstention ? Victoire de la droite ou statu quo ? Environnement ou écologie ? Euroscepticisme ou extrême-droite ? et, exigence et réticence : radicalisation d'un clivage ?
Note par Alain Dauvergne | 11/06/2009
Les résultats des élections européennes, au moins pour un moment encore, suscitent surtout des interrogations. Même ce qui paraît sûr ne l’est peut-être pas autant qu’on le dit – à commencer par la "fatalité abstentionniste" dont les scrutins européens seraient irrémédiablement frappés.
Pour approfondir
Étude par Yves Bertoncini
18/08/2009
Bref par Yves Bertoncini
05/06/2009
Bref par Gaëtane Ricard-Nihoul
20/05/2009
Bref par Renaud Dehousse
17/05/2009
Nous signalons
08/06/2009
Tribune par Gaëtane Ricard-Nihoul
05/06/2009
Tribune par Gaëtane Ricard-Nihoul
08/06/2009
Tribune par Tommaso Padoa-Schioppa
08/06/2009
Étude par Federal Trust, Institut für Europäische Politik, Centro Studi sul Federalismo, Istituto Affari Internazionali, Notre Europe
12/03/2009
Notre actualité
20/05/2009
Notre Europe
20/05/2009