Bref | 20/05/2009
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L'auteur revient sur le paradoxe de la diminution de la participation aux élections du Parlement européen, alors que ce dernier n'a cessé d'accroître ces pouvoirs au fil du temps, et souligne l'importance des acteurs, enjeux et alternatives politiques de l'élection 2009.

30 ans déjà se sont écoulés depuis l'instauration de l'élection directe du Parlement européen en 1979. Seule institution européenne - et même internationale - élue au suffrage universel, sa vocation est de représenter les « peuples des Etats » de l'Union européenne, selon les Traités en vigueur, « les citoyens de l'Union », selon le Traité de Lisbonne. Au sein du fameux « triangle institutionnel » composé de la Commission, du Conseil des Ministres et du Parlement européens, ce dernier est donc l'assemblée législative qui incarne la légitimité issue directement des citoyens européens par opposition à la légitimité des Etats représentée par le Conseil.

Le phénomène observé depuis 30 ans relève dès lors d'un paradoxe absolu : au fur et à mesure que cette assemblée européenne « citoyenne » s'installait dans le paysage institutionnel de l'Union, augmentant ses compétences, parfois de manière spectaculaire, à chaque modification de Traité, la participation des citoyens européens à l'élection de ses membres n'a cessé de diminuer. La moyenne de la participation dans l'UE est en effet passée de 63% en 1979 à un peu moins de 46% en 2004. Les chiffres en France (60,7 en 1999 et 43,1 en 2004) sont proches de la moyenne communautaire. Ce phénomène a été accentué à partir de 2004 du fait des taux de participation assez bas qu'ont connus certains des Etats entrés dans l'UE cette année-là . On trouve en effet des taux aussi faibles qu'environ 21% en Pologne. Mais la moyenne de l'Europe des 9 qui ont connu la première élection de 1979 est également en baisse par rapport à son niveau d'origine. Sur 27 Etats membres, 16 ont eu en 2004 des niveaux de participation inférieurs à 50%. Selon les dernières enquêtes eurobaromètres, environ 35% d'électeurs se disent certains ou presque d'aller voter (en France, le taux est d'environ 47%).

Ce faible engouement pour les élections européennes est lié à un niveau d'intérêt assez bas. En effet, selon cette même enquête Eurobaromètre, 53% des citoyens disent ne pas être intéressés par les élections européennes contre 44% qui le sont (même ratio en France). Parmi les raisons majeures invoquées pour justifier ce désintérêt figurent à plus de 60% de réponses le sentiment que le vote ne changera rien. l'enquête Eurobaromètre du printemps a également montré que si environ un citoyen sur 2 dit avoir le sentiment que sa voix compte dans son pays, seul un sur trois pense que celle-ci compte dans l'UE.

Le fonctionnement démocratique de l'UE a ses faiblesses et il y a encore beaucoup à faire pour mieux articuler les niveaux de démocratie européen et national. Cette baisse de la participation aux élections européennes s'inscrit aussi dans une désaffection citoyenne plus large pour le projet européen, comme l'indiquent depuis près d'une vingtaine d'années les enquêtes Eurobaromètres. Les raisons de cette désaffection sont multiples. Parmi celles-ci, l'absence de perception du rôle de l'UE dans un monde globalisé et le manque de leaders nationaux engagés sont sans doute à mentionner.

 




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L'auteur
Ancienne Secrétaire générale de Notre Europe de 2004 à 2011, Gaëtane Ricard-Nihoul a rejoint la Représentation de la Commission européenne à Paris le 1er février 2011.   Questions institutionnelles, vie démocratique, éducation et culture.
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