Projet de recherche | Mis à jour 29/06/2009 
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Le projet de Notre Europe sur l’intégration régionale comparative

Il y a plusieurs années Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, a suggéré – peut être imprudemment – que le modèle européen d’intégration régionale pouvait être vu comme susceptible d’être exporté. Certes, l’intégration politique et ses institutions européennes concomitantes sont les plus avancées de n’importe quel processus de régionalisation, et il y a donc une tendance de voir l’UE en tant que point de référence. Dans le cas de certains projets, par exemple l’unité monétaire asiatique, ceci a un sens – car, étant donné le manque total d’autres exemples, l’euro s’impose tout seul.

Un point de référence n’est toutefois pas la même chose qu’un modèle, comme montre un examen d’autres projets régionaux. C’est précisément dans le but d’exposer les vastes divergences – aussi bien que les points communs – parmi les formes différentes de régionalisation que Notre Europe a initié une étude de l’intégration régionale dans trois majeures régions géographiques : l’Asie de l’est, l’Amérique du sud, et l’Afrique. Les deux premières de ces études sont désormais en ligne ; la troisième, qui porte sur l’Afrique, vient d’être commencée et sera publiée dans le courant de l’été 2007.

La littérature sur l’intégration régionale fait souvent une distinction entre la régionalisation économique de facto et la régionalisation institutionnelle de jure. Malheureusement, on oublie souvent que ce sont des types idéaux, dont ni l’un ni l’autre n’existe dans la réalité dans une forme pure. Même en Asie de l’est, où la régionalisation institutionnelle reste très faible et où la régionalisation qui existe semble à première vue essentiellement économique, on ne peut exclure le rôle des acteurs étatiques. Au contraire, l’implantation de l’État dans l’économie – la règle dans beaucoup de nations – a tendance à engendrer des formes politiques de régionalisation, quoique d’une variété plutôt informelle. Une remarque similaire peut être faite à l’égard de l’Amérique du sud.

Un thème commun aux deux études concerne la situation de la régionalisation au niveau intermédiaire entre les impératifs domestiques et les exigences de la mondialisation. C’est en démêlant l’interaction entre ces trois niveaux que les auteurs de ces deux études nuancées et détaillées livrent une contribution novatrice à notre compréhension du sujet. En ce faisant, ils nous fournissent des clés pour mieux comprendre le rôle de l’Union européenne en tant qu’acteur international en face d’autres régions.

Soutien

GARNET, un réseau d'excellence financé par la Commission européenne dans le programme-cadre de recherche et développement (PCRD) 6, apporte un soutien a Notre Europe en permettant la mobilité de Timo Behr afin de contribuer au projet de recherche sur l'Europe et gouvernance mondiale.




En vue
Note par Bertrand de Largentaye | 29/06/2009
Cette communication prononcée en mai 2009 examine les perspectives de la relation UE-Amérique latine, traditionnellement basée sur la promotion de l’intégration régionale et de la cohésion sociale. L’auteur met en lumière les effets potentiels de la crise économique et financière et de la nouvelle donne de la mondialisation sur ce partenariat.
Et aussi
Étude par Alvaro Artigas | 06/12/2006
L'Amérique du Sud renvoie dans l'imaginaire européen à un continent où révolutions, voltes-faces et tournants abruptes sont des épisodes récurrents. L'image du bon révolutionnaire comme celle de l'apprenti-sorcier en matière de politique économique ne sont que quelques unes des représentations associées traditionnellement à cette région qui, après deux décennies de transition politique et économique peine à trouver son stabilité et une vision commune d'avenir.L'instabilité politique et les déboires économiques à répétition ont depuis longtemps réduit la marge de crédibilité de la région, ce qui n'a pas manqué de grever son intérêt économique stratégique ainsi que sa crédibilité sur l'arène internationale. Reléguée à une place secondaire des intérêts des trois pôles dynamiques de la globalisation économique (les Etats-Unis, l'UE et la zone Asie Orientale)l'Amérique du Sud peine à accrocher ses wagons au train d'une croissance économique vertueuse, compatible avec les règles de la globalisation économique et financière. A titre d'exemple, le MERCOSUR, l'ensemble régional le plus important de la région représentent moins de 2% du PNB mondial .Cette étude est également disponible en espagnol.
Étude par Mills Soko | 18/12/2007
Cette étude complète la série d’analyses des dynamiques d’intégration régionale politique et économique, suite aux études relatives à l’Asie du Sud-Est et à l’Amérique du Sud.
Étude par Richard Higgott, Jean-Christophe Defraigne, Heribert Dieter | 09/01/2006
Le développement accéléré des échanges à l’échelle du monde ne doit pas être opposé aux mouvements d’intégration régionale. C’est en tout cas ce que l’on observe en Asie, où la réflexion sur les causes de la crise financière et monétaire de 1997, et sur les moyens de s’assurer qu’elle ne se reproduira plus, s’est poursuivie ces dernières années dans différentes enceintes, la dernière en date ( 14 décembre 2005) étant la conférence de Kuala Lumpur, appelée premier sommet de l’Asie de l’Est et réunissant les représentants de seize pays. Elle s’est focalisée sur l’intérêt qu’il y aurait à recourir de plus en plus à des mécanismes de coopération régionale.
Responsable
Diplômé en relations internationales et économie internationale (PAul H. Nitze School of Advanced International Studies-SAIS- Université John Hopkins, Washington DC) et en sciences politiques -Université de Londres). Domaines suivis : intégration régionale, gouvernance mondiale.<:em>