Policy paper | 13/04/2006 
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Ce débat tourne autour de la notion de « politisation », comme d'autres autour de mots tels que « démocratie », « identité », « bureaucratie », « demos », et « social ». Le fait que les mots clés du vocabulaire politique aient progressivement été versés dans le moule européen n'est d'ailleurs en soi pas anodin.

Notre Europe a choisi d'amorcer le débat en accueillant deux articles de deux universitaires éminents aux vues fort différentes sur le sujet. Simon Hix et Stefano Bartolini ont chacun abondamment étudié la question de la politisation et écrit sur la question. Ils en présentent ici une évaluation concise, accessible et bien informée. Simon Hix estime que « Plus de politique droite-gauche au niveau européen est non seulement inévitable, mais aussi une bonne chose, car cela permettra à l'UE de surmonter son blocage institutionnel, encouragera l'innovation politique, offrira un mandat pour les réformes, et ainsi renforcera la légitimité de l'UE ». Stefano Bartolini discute cette analyse sur six points qui, selon lui, ne sont pas pris en compte par les avocats de la politisation. Sur la base de ces six objections, il argue que « le remède pourrait être pire que le mal ».

Le débat sera poursuivi au cours de 2006, à commencer par des réactions aux deux présents papiers publiées en ligne sur le site de Notre Europe (www.notre-europe.asso.fr) en avril et un séminaire discutant des papiers à Brussels en mai. De plus, Notre Europe invite les lecteurs intéressés à soumettre leurs réactions (notreeurope@notre-europe.eu), les réponses les plus intéressantes seront mises en ligne sur le site Internet de l'association. Enfin, Notre Europe développera sa propre position sur la question au fur et à mesure que le débat s'enrichira et fera connaître sa position le moment venu.




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Ils réagissent
C'est à cette question que le texte de Gaëtane Ricard-Nihoul tente de répondre, en faisant une première synthèse des débats organisés par Notre Europe entre Simon Hix (LSE) et Stefano Bartolini (Institut Universitaire Européen) et enrichis des commentaires (écrits ou oraux) des Professeurs Paul Magnette (ULB) et Jean-Louis Quermonne (IEP Grenoble), de l'ancien Ambassadeur belge auprès de l'Union européenne Philippe de Schoutheete (IRRI) et du Député européen Jean-Louis Bourlanges.
Ils réagissent | 30/04/2006
L'apport de la contribution écrite de Simon Hix au débat sur la politisation de l'Union Européenne se résume, sur la base d'une distinction entre politique constitutive et politique de gestion (ce que l'auteur désigne sous le nom de « questions isomorphes ») à l'idée selon laquelle l'introduction de la contestation dans le processus de décision serait un facteur de performance pour le fonctionnement de celui-ci. Ce que conteste Stefano Bartolini qui y voit un risque, si non un danger. Cette approche m'apparaît réductrice dans la mesure ou le premier auteur circonscrit la politisation à l'émergence d'une opposition droite-gauche au sein des instances du « triangle institutionnel » de l'Union. Ce qui revient à identifier politisation et bipolarisation. [...]
Ils réagissent | 13/04/2006
L'ambition et l'obstination de Simon Hix forcent l'admiration. Voilà maintenant près de dix ans qu'il a entrepris de démontrer, contre l'opinion dominante, que l'Union européenne n'est pas aussi singulière qu'on le dit, et que le déficit démocratique dont elle est affectée, s'il est bien réel, n'est pas une fatalité. Concevant et conduisant un vaste programme de recherche sur les attitudes politiques des élus européens, il entend démontrer que les formes de politisation qui nous sont familières - celles des systèmes partisans nationaux - sont aussi à l'oeuvre dans l'Union, et dans son Parlement en particulier. Dès lors, il ne serait pas irréaliste de penser que l'Union pourrait un jour résoudre son problème démocratique : si la politisation des enjeux est ce qui permet l'appropriation du politique par les citoyens, et si elle est en germe dans l'Union, il suffirait de l'accentuer.[...]
Ils réagissent | 10/04/2006
Hix met en avant deux arguments majeurs en défense d'une introduction de la "politique" au sens de débat droite- gauche au sein des institutions européennes : une confrontation idéologique avec gagnants et perdants stimulerait l'intérêt du public pour la vie politique européenne. En outre, elle assurerait au gagnant un "mandat" indiscutable, ce qui éliminerait le "blocage" qui freine le changement des règlements européens. Personnellement, je ne vois guère de "blocage" au processus législatif de sorte que cet argument me laisse froid : si blocage il y avait, la meilleure façon de le résoudre serait vraisemblablement un changement institutionnel comprenant un accroissement des votes à la majorité.[...]
Ils réagissent | 06/04/2006