Réaction de Mark N. Franklin au texte d'Andrew Moravcsik
Ils réagissent
| 12/10/2006

En réponse à :par Andrew Moravcsik
L'article d'Andrew Moravcsik me semble répondre en tous points à ce que les politologues empiristes pouvaient attendre du comportement de citoyens confrontés à un débat quasi-constitutionnel. Il aurait pu étayer son argument en prenant à témoin les enquêtes statistiques (par exemple Schmitt and Thomassen 1999; Gabel 1998; van der Eijk and Franklin 1996). L'apport décisif des sondages à l'argument de Moravcsik est que les votants ne sont pas si bêtes. Ils seraient même capables d'identifier un vrai débat sur un sujet susceptible d'affecter leurs vies de manière appréciable. Et ils agissent comme s'ils s'y connaissaient en matière de faux débats. Comme le rappelle Moravcsik, l'Europe a déjà une constitution en tout sauf en nom, et le remplacement qu'on lui propose n'aurait eu que peu d'effet sur la vie des votants. S'il en avait été autrement (et si on leur en avait fourni assez d'indications), ils s'en seraient rendu compte et auraient pris la peine de s'informer suffisamment pour peser sur la décision. En la circonstance, ils avaient affaire à une non-décision et la plupart d'entre eux ont réagi fort rationnellement en s'en désintéressant complètement - laissant par-là le champ libre aux extrémistes des deux bords, comme le souligne aussi Moravcsik.