Le mot de Notre Europe | 01/12/2009 

On n'y croyait plus et pourtant le Traité de Lisbonne est né le 1er décembre 2009, après 9 années de gestation depuis que la présidence belge de l'UE s'est attelée à la rédaction de la Déclaration de Laeken en 2001. Les premiers pas de sa mise en oeuvre ont concerné les nouvelles fonctions que ce Traité prévoit pour assurer une plus grande stabilité du travail du Conseil européen d'une part et une plus grande cohérence de l'action extérieure de l'Union d'autre part.

Comme l'avait souhaité le comité de Notre Europe réuni les 6 et 7 novembre à Paris, dans une déclaration intitulée L'Union Européenne après Lisbonne, un contrepoint à trois et relayée par la presse européenne : « un rôle clé reviendra au futur président stable du Conseil européen, qui doit être une personnalité vouée à la cause européenne, issue d'un pays qui souscrit à toutes les politiques de l'Union. » C'est pourquoi Jacques Delors et Notre Europe ont salué le choix de M. Van Rompuy, dont les qualités devraient lui permettre d'endosser le rôle souhaité de « chairman » facilitateur des travaux du Conseil européen et respectueux du jeu institutionnel qui fait la force de la méthode communautaire.

L'attention - justifiée - portée pendant ces dernières semaines au choix de ces personnalités ne doit pas, cependant, nous faire oublier que le Traité de Lisbonne recèle d'autres changements dont l'impact sur le fonctionnement de l'UE sera significatif. Le fait que la codécision entre le Parlement européen et le Conseil, votant à la majorité, devienne la norme pour l'adoption de la plupart des actes législatifs, est bien sûr à souligner. l'extension de la compétence budgétaire du Parlement européen est un autre élément à rappeler à la veille des négociations sur les prochaines perspectives financières de l'UE. Pour un panorama plus complet, le lecteur pourra se replonger dans les analyses réalisées par Notre Europe à l'époque de l'accord intervenu au Conseil européen sur ce nouveau Traité Réformateur.

Une page institutionnelle est tournée et sans doute pour un certain temps. Il est donc grand temps d'utiliser toutes les potentialités de ce Traité pour développer les politiques européennes dont l'urgence, en cette période de crise économique et de globalisation des enjeux, n'est plus à démontrer. Parmi ceux-ci figurent bien sûr le rendez-vous international de Copenhague sur le changement climatique et la question du développement durable qui sera déterminante pour repenser la stratégie de croissance de l'Union pour la prochaine décennie. Dans ce contexte, Notre Europe publie une étude intitulée « Une Union sans cesse moins carbonée ? Vers une meilleure fiscalité européenne contre le changement climatique », écrite par Jacques Le Cacheux et Eloi Laurent, qui propose une réforme de la fiscalité européenne du carbone, portant à la fois sur le marché européen de permis d'émissions et les régimes fiscaux européens du carbone.

Avant de tourner cette page, cependant, il serait irresponsable de fermer les yeux sur les raisons qui ont conduit à l'accouchement aux forceps de ce Traité de Lisbonne. Le « malaise citoyen » qui s'est exprimé par le biais de plusieurs référendums négatifs ne doit pas être balayé d'un revers de la main, et ce d'autant que les élections européennes ont été un autre échec de mobilisation citoyenne. l'image désolante qu'a renvoyée aux citoyens et au reste du monde la « saga des ratifications » du Traité de Lisbonne et le bricolage politico-institutionnel qu'elle a engendré doit aussi conduire à une remise en question du maintien du droit de véto d'un seul Etat membre à même de paralyser l'Union européenne tout entière. Notre Europe juge ainsi opportun de poursuivre la réflexion sur ce thème, et publie à ce titre le 2e volet d'un travail approfondi sur les procédures de révision des Traités. Après une première étape qui a porté sur l'outil institutionnel qu'est la « Convention », le processus de ratification fait cette fois l'objet d'une proposition de réforme radicale dans le papier intitulé « Réviser les Traités européens : plaidoyer en faveur de la suppression du veto ».




    Faire suivre à un ami     Le mot de Notre Europe
En vue
Le mot de Notre Europe | 17/11/2009
Déclaration du Comité Notre Europe du 7 novembre 2009. Le Traité de Lisbonne offre à l'Europe une partition réécrite : il appartient à ses institutions renforcées, dirigées par des hommes et des femmes fraîchement appelés à la tâche, de l'interpréter d'une manière qui réponde aux défis du siècle. Une nouvelle saison s'ouvre ainsi pour l'Europe : dans les années à venir, il s'agira non pas d'amender les Traités, mais d'en exploiter tout le potentiel.
Et aussi
Note par Gaëtane Ricard-Nihoul | 13/11/2007
L'accord sur le contenu d'un nouveau « Traité Réformateur » intervenu à l'occasion du Sommet informel de Lisbonne des 18 et 19 octobre est une bonne nouvelle pour l'avenir de l'Union européenne. Pourvu que ce Traité de Lisbonne soit ratifié dans les 27 pays de l'UE - et la partie n'est pas gagnée -, il pourrait marquer la fin d'une longue période d'incertitude sur l'avenir des institutions européennes dans une Europe élargie, qui perdure depuis près de 12 ans maintenant.
Note par Maria Pallares | 13/11/2007
Le Traité Réformateur a été rédigé pendant presque trois mois par la Conférence Intergouvernementale (CIG) sur les bases du mandat établi au Conseil européen de juin 2007. Avant de rentrer en vigueur, le Traité devra être formellement signé le 13 décembre prochain et ratifié par les Etats membres avant le 1er janvier 2009.
Note par Alain Dauvergne | 13/11/2007
Le traité de Lisbonne sera signé par les Vingt-sept le 13 décembre prochain. Un précieux pas en avant. Il lui restera néanmoins à être ratifié par tous, ce qui n'est pas une simple formalité car - l'histoire de la construction européenne l'a maintes fois montré - la ratification des traités n'est jamais acquise d'avance. On l'a vu dés 1954 avec le traité de la CED, qui n'avait pourtant que six signataires. Alors à vingt-sept... Faute de pouvoir lire dans une boule de cristal le résultat de cette longue course d'obstacles qu'est un processus de ratification, on peut au moins porter un regard sur le texte soumis à cette ratification.
Projet
Projet de recherche
Pour approfondir
Tribune par Jacques Delors
01/12/2009
Tribune par Gaëtane Ricard-Nihoul
21/11/2009
Tribune par Jacques Delors
19/11/2009
Tribune par Comité Notre Europe
16/11/2009
Tribune par Comité Notre Europe
12/11/2009
Tribune par Comité Notre Europe
12/11/2009
Tribune par Comité Notre Europe
08/11/2009