Le mot de Notre Europe | 05/04/2007 

L'identité européenne est un devenir, une responsabilité envers le passé tournée vers l'avenir, ainsi que l'a rappelé Angela Merkel à l'occasion de l'adoption de la Déclaration de Berlin par les Chefs d'Etat et de Gouvernement le 25 mars dernier. s'il en est autrement, comment l'Europe pourra-t-elle devenir la patrie des millions de citoyens « non racinés » qui vivent sur son sol ? Comment cette responsabilité pourra-t-elle être transmise aux jeunes générations d'Européens, qui vivent dans un monde si différent de celui des Pères fondateurs ? l'idée européenne ne nous enjoint pas de rester semblables demain à ce que nous étions hier. Elle est un appel à « relever les défis de l'histoire », comme le rappelle si souvent Jacques Delors, car si la nostalgie et le désir de permanence étaient les lois qui gouvernaient l'Europe, alors « nous serions restés à six »"¦

C'est la volonté de comprendre comment se construit le sentiment d'appartenance à l'Europe qui amène Notre Europe à publier une première "étude de cas" dans la série "Reconnaître ce qui nous lie : l'identité européenne". Cette étude permet de cerner toute la complexité de la relation à l'Europe telle qu'elle est vécue par des citoyens européens dans une région viticole du Sud de la France. Car l'émergence d'une identité commune implique de la part des populations engagées dans la construction de l'Europe unie une bonne dose d'auto-examen. Elle sollicite constamment leur faculté de se détacher du dogme de la souveraineté absolue de l'Etat-nation et de pondérer leurs intérêts propres par ceux du voisin.

Cette capacité à revenir sur le passé pour mieux se projeter vers l'avenir a été éprouvée avec bonheur lors du colloque organisé à l'occasion des 10 ans de Notre Europe puis lors des Actes du Colloque « Notre Europe demain » ainsi que la première synthèse des Etats Généraux montrent, qu'un demi-siècle après cet acte fondateur, les nouveaux défis ne manquent pas. Les leçons du passé peuvent nous aider à les relever, avec comme responsabilité première, pour les peuples européens, de rester ensemble et de ne pas considérer que 50 ans de paix ont à jamais immunisé l'Europe contre les passions déshumanisantes.




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