Le mot de Notre Europe
| 28/01/2009

Une année économique sombre, suivie d'une année sociale noire pour l'Union européenne : C'est ainsi que l'on pourrait résumer les prévisions pour 2009-2010 présentées par le Commissaire Almunia, le 19 janvier dernier.
L'ampleur des retombées de la crise financière sur l'activité économique et, encore davantage, sur les conditions de vie et de travail des Européens commence peu à peu à occuper le devant de la scène. Depuis la fameuse réunion du G 20, les gouvernements du monde entier semblent rivaliser dans l'adoption de plans et de mesures que n'aurait pas renié John Maynard Keynes et certains dirigeants du continent européen peuvent, à juste titre, se réjouir du rôle d'amortisseur que pourront jouer les systèmes de protection sociale hérités des Etats-providence de l'après-guerre.
Ce brusque revirement pourrait être accueilli comme la concrétisation - souvent annoncée mais constamment différée - du retour des préoccupations sociales dans la réflexion sur la relance de la construction européenne. La récente actualité communautaire amène toutefois à se montrer plus circonspect et vigilant, qu'il s'agisse du programme de travail de la Présidence tchèque où la malheureuse expression « utilisation abusive de la protection sociale » n'est probablement pas seulement le fruit d'une mauvaise traduction, ou qu'il s'agisse de la réunion informelle des ministres responsables de l'Emploi et des Affaires sociales à Luhaèovice, où la promotion de la mobilité sur le marché du travail comme une enviable opportunité révèle un regrettable manque de tact et de sens politique en direction des milliers de salariés fraîchement licenciés.
Assurément, la question sociale sera au coeur des préoccupations de l'opinion publique en cette année électorale européenne. Les secousses attendues pour les mois à venir constitueront des tests grandeur-nature pour les recommandations sur la flexicurité adoptées avec une belle unanimité l'an dernier par les Ministres et les partenaires sociaux. De son côté, l'agenda social renouvelé, approuvé l'été dernier, devra faire la preuve de sa viabilité et de sa capacité à insuffler une nouvelle dynamique lorsque s'écrira le tome III de la stratégie de Lisbonne.
Enfin, face à la crise, l'Europe devra s'interroger sur la façon de rendre plus efficace son action dans le domaine social. Comme le montre Sébastien Guigner dans son étude « La santé : un enjeu vital pour l'Europe », C'est en exploitant pleinement la valeur ajoutée de l'action communautaire que l'Europe pourra apporter une réponse efficace aux besoins sociaux de ses citoyens.