Le mot de Notre Europe | 20/12/2010 

Cher(e)s lecteurs et lectrices de Notre Europe,
Cher(e)s militant(e)s de l’unité européenne,
Cher(e)s Ami(e)s,

Ce texte est extrêmement difficile à écrire.

Compagnon de route de Jacques Delors depuis près de trente ans, notre Président, Tommaso Padoa-Schioppa, nous a quittés dans la nuit du 18 décembre.

Il se définissait avant tout comme un serviteur de la chose publique. Son poste de Ministre des Finances au sein du Gouvernement Prodi était arrivé, selon lui, un peu « par accident ». Il y a pourtant laissé une marque indélébile par sa rigueur, son efficacité et son intégrité.

Banquier central au niveau national et européen, Directeur Général à la Commission européenne, plume du Comité Delors pour la monnaie unique, Professeur et auteur de nombreux ouvrages, toutes ces fonctions ont eu pour trait d’union son engagement infaillible et visionnaire pour la construction européenne.

Sa retraite n’en était pas une : Président de Notre Europe, de Promontory Europe, du Board of Trustees de l’organisation chargée des normes comptables internationales… Il était devenu le conseiller du gouvernement grec et une référence rassurante et éclairante dans cette crise où l’humeur du temps consiste à tirer à boulets rouges sur l’œuvre dont il a été un des principaux artisans : la monnaie unique. Notre seule consolation est d’être persuadés que, malgré ses nombreux détracteurs, cette pierre essentielle du projet d’unification européenne lui survivra.

La liste de ses titres et réalisations serait trop longue à détailler ici. Nous aimerions surtout rendre hommage à l’homme et à ce qu’il nous a apporté à tous, collectivement et à chacun d’entre nous.

Gentleman à l’italienne, son premier contact comme sa réponse aux difficultés prenaient la forme d’un grand sourire dont émanait autant de gentillesse que de détermination. Quand nous devions résumer en une formule ce que nous pensions de lui, nous disions tout simplement « il a de la classe ».

Il pouvait en quelques phrases donner du sens à n’importe quel projet porté par Notre Europe. Avec lui, les choses les plus complexes paraissaient simples et l’idéal prenait la forme de mots convaincants et inattaquables. L’impossible semblait atteignable et souvent le devenait.

Cultivé et érudit, philosophe et passionné, serein et joyeux, attentionné et plein d’esprit, il a été plus qu’un Président, un inspirateur, une figure paternelle, un regard bienveillant.

« TPS » comme nous l’appelions pour « faire plus court » mais aussi en signe d’affection réelle, faisait partie de ces grands hommes discrets mais inoubliables. Le côtoyer a été une chance. Parler de lui à l’imparfait est une vraie douleur.

Aller de l'avant sans lui sera difficile, mais son exemple nous aidera à maintenir la flamme de son engagement et de sa vision.

L’équipe de Notre Europe




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Tribune par Stéphanie Baz
10/01/2011