Le mot de Notre Europe | 08/07/2009 

A quoi tient le niveau de mobilisation des citoyens aux consultations européennes et de leur soutien aux progrès de l'intégration ? A la capacité des médias et des dirigeants politiques de leur montrer ce que l'Europe leur apporte dans leur vie quotidienne, répond-on habituellement, en invoquant pour les jeunes le programme Erasmus et, pour tous les autres, la politique régionale et les fonds structurels.

Cette réponse traduit assez bien l'intuition selon laquelle la légitimité de l'UE se joue sur son aptitude à trouver le bon équilibre politique entre économie, territoire et citoyenneté. Pourtant, au fil du temps, le souci légitime du respect du principe de subsidiarité s'est mué en un procès tatillon de toute nouvelle initiative. Les défenseurs zélés de leurs propres prérogatives, pas toujours aussi scrupuleux à l'égard de celles des autres, ont alimenté dans l'opinion publique la peur diffuse que « Bruxelles se mêle de tout ». Et cette triangulation s'est transformée en une mission impossible.

Alors qu'au cours des six prochains mois les acteurs et les règles du nouveau jeu européen vont se mettre progressivement en place, il est opportun de clarifier les enjeux et d'oser avancer quelques pions.

C'est ce que tente de faire le rapport Barca, qui propose de reconstruire le modèle politique de développement européen autour de la dimension territoriale de la politique de cohésion, comme l'explique Marjorie Jouen dans sa note.

C'est aussi le sens du défi que représente pour l'Union le développement rural, qui touche 20% de sa population et plus de 50% de son territoire. Comme le rappellent Chiara Tomalino et Nadège Chambon, ce défi a été relevé progressivement, en agrégeant des mesures de plus en plus sophistiquées jusqu'à constituer une « politique » pour les zones rurales. Cette accumulation présente toutefois des insuffisances qui appellent à concevoir une véritable stratégie commune selon Marjorie Jouen.

Pour dresser un tableau complet de la situation, il ne faut pas oublier que toute réforme de ces politiques est soumise à un préalable budgétaire. En effet, l'élan dont pourra bénéficier l'UE, ou au contraire la retenue dont elle devra faire preuve, dépendront largement des marges de manoeuvre financières et de la structure d'ensemble qui seront arrêtées au cours des négociations sur un nouveau budget. C'est dans cette perspective que Notre Europe a ouvert un débat en ligne autour de la proposition de réforme avancée par Iozzo, Micossi et Salvemini.




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En vue
Étude par Yves Bertoncini | 18/08/2009
Que représentent les interventions de l'Union européenne (UE) au regard de l'action publique nationale ? 80% de la législation nationale est-elle par exemple d'origine communautaire ou, au contraire, une part beaucoup plus réduite? Alors que les citoyens de l'UE viennent d'élire leurs représentants au Parlement européen pour les 5 prochaines années, il semble plus que jamais nécessaire d'essayer de répondre à ces questions, essentielles d'un point de vue politique, mais qui n'ont pas jusqu'ici fait l'objet de réponses globales très précises. Cette étude s'efforce de décrire ce que fait l'UE à partir du cas de la France en utilisant des données souvent inédites et en combinant trois séries d'analyses sur l'impact des interventions normatives, budgétaires et politiques.
Et aussi
Note par Gaëtane Ricard-Nihoul | 15/06/2009
L'auteure analyse les résultats des élections européennes autour de 5 questions : se résigner à l'abstention ? Victoire de la droite ou statu quo ? Environnement ou écologie ? Euroscepticisme ou extrême-droite ? et, exigence et réticence : radicalisation d'un clivage ?
Note par Alain Dauvergne | 11/06/2009
Les résultats des élections européennes, au moins pour un moment encore, suscitent surtout des interrogations. Même ce qui paraît sûr ne l'est peut-être pas autant qu'on le dit - à commencer par la "fatalité abstentionniste" dont les scrutins européens seraient irrémédiablement frappés.