Le mot de Notre Europe | 10/12/2008 

Il faudra un certain temps pour analyser les conséquences durables sur le fonctionnement de l'Union de la gestion des crises qui ont marqué le semestre de la Présidence française. L'urgence des réponses à donner apparaît très souvent prioritaire - et parfois à juste titre - par rapport au respect des équilibres institutionnels ou entre Etats membres, pourtant si fondamentaux pour la bonne marche de l'UE. Mais quelles que soient les conclusions qui seront tirées à posteriori, force est de constater que cette présidence française n'a pas manqué de démonstrations de volonté politique et de leadership bienvenues face à une multiplication de crises sans précédent : crise institutionnelle avec le "non" irlandais au Traité de Lisbonne, crise géopolitique avec le conflit en Géorgie, et bien sûr crise financière dont les conséquences économiques et sociales s'annoncent de grande ampleur.

Le dernier Conseil européen d'une présidence semestrielle est souvent l'heure du bilan. Le gouvernement qui a en charge la présidence de l'Union aime pouvoir dire que celle-ci a permis de faire progresser les dossiers annoncés comme prioritaires à ses yeux. La France devra donc rendre des comptes sur ce qu'elle aura permis de faire dans le domaine de l'immigration, du bilan de santé de la politique agricole, du paquet « énergie et climat » et de la défense. A cela s'ajoutera sans doute un état des lieux sur la situation dans le Caucase, sur les perspectives de ratification du Traité de Lisbonne et sur l'avenir du plan de relance européen et des résolutions de la réunion du G20 du mois de novembre. Aussi valorisants qu'ils puissent être pour la présidence en exercice, ces bilans semestriels n'ont pas pour autant beaucoup d'intérêt s'ils ne sont pas une manière de passer le flambeau de façon constructive aux deux présidences qui forment le Trio s'étant engagé sur un programme commun, en l'occurrence les présidences tchèques et suédoises.

Si la nécessité du bilan doit dont être relativisée, celle de la décision et de l'action reste, quant à elle, incontestable. C'est dans ce contexte d'urgence historique que Notre Europe a décidé de publier la Déclaration qu'a adoptée le Comité d'Orientation de Notre Europe composée de personnalités de haut niveau et présidé par Jacques Delors, appelant au lancement d'un "Eurobond" et soulignant l'enjeu majeur que constituera la prochaine élection du Parlement européen en juin 2009. Notre Europe publie également un texte personnel de l'un des membres du Comité Européen d'Orientation, Guy Verhofstadt sur la crise financière. Enfin Notre Europe souhaitant maintenir l'attention sur l'importance de la ratification du Traité de Lisbonne en 2009 a demandé à l'experte irlandaise Brigid Laffan de nous donner son sentiment sur l'issue du problème posé par le "non" irlandais.




    Faire suivre à un ami     Le mot de Notre Europe
En vue
Comité Européen d'Orientation | 10/12/2008
Déclaration du Comité d'orientation de Notre Europe du 7-8 novembre 2008. La crise dans laquelle l'économie mondiale est précipitée est la plus grave que l'Europe ait connue depuis la deuxième guerre mondiale. Il est impossible de prévoir, à ce stade, l'issue et la durée du changement profond qui se déroule sous nos yeux. l'Europe n'est pas à l'abri de la tempête : elle en sortira renforcée ou, au contraire, sérieusement minée par des conflits internes. Comme dans bien des cas, la difficulté constitue autant une opportunité qu'une menace...
Et aussi
Notre actualité | 10/12/2008
A l'occasion du Comité Européen d'Orientation de Notre Europe, qui s'est réuni les 7 et 8 novembre 2008, nous publions ce texte de l'un de ses membres, Guy Verhofstadt.
Note par Brigid Laffan | 10/12/2008
La multiplication des crises qui ont marqué la Présidence française de l'Union a de quoi faire tourner la tête. En particulier, l'ampleur de la tourmente économico-financière serait de nature à faire oublier que l'UE a d'autres problèmes urgents à gérer comme celui de trouver les moyens de sortir de l'impasse institutionnelle dans laquelle elle se trouve depuis le rejet irlandais du Traité de Lisbonne.