Le mot de Notre Europe | 24/11/2004 

Ce Traité Constitutionnel n'aurait pas été possible il y a 10 ou 20 ans. Pour la première fois se dessine un projet politique d'ensemble, dépassant l'omniprésence de l'économie pour parler clairement et simplement des valeurs de l'Union, des objectifs de l'Europe élargie et des droits fondamentaux. C'est le visage de l'Europe qui prend forme, C'est sa carte d'identité que tout citoyen pourra emporter dans ses bagages pour parler du projet européen dans le monde. C'est l'ancrage de la démocratie européenne et de la double légitimité de l'Union - Etats et citoyens -, avec un Parlement européen renforcé et la reconnaissance confortée du dialogue social et civil. C'est une base juridique pour les services d'intérêt général. Ce sont des dispositions assouplies sur l'usage des coopérations renforcées. C'est l'affirmation du modèle européen d'économie sociale de marché, celui que l'Union promeut dans ses relations avec le reste du monde pour le développement durable de la planète, le commerce libre et équitable et l'éradication de la pauvreté. Les mots ont un sens et n'attendent que la volonté politique pour prendre corps.

Tout ce que l'Acte Unique (1987) avait initié en matière sociale, tant sur le plan du dialogue social et des conventions collectives que sur le plan de la cohésion territoriale, reste possible. Le rééquilibrage de l'Union économique et monétaire est plus que jamais, via le renforcement de l'Eurogroupe, à notre portée. La lutte contre la thèse de la compétition entre les nations, en particulier dans le domaine fiscal, est urgente et sans le Traité Constitutionnel et l'exercice renforcé de la démocratie européenne, elle ne pourra être menée. Il faut adopter ce Traité par un « oui » vigilant, un « oui » qui devra être suivi d'une solidarité européenne et de la recherche d'alliances pour avancer sur la voie de l'intégration politique et sociale. Parler de « non » salutaire, C'est méconnaître ce qui a fait l' me du projet européen, le respect et la compréhension mutuels entre les nations ; C'est la désertion du champ de bataille et la perte de notre capacité à réaliser les conquêtes politiques et sociales de demain.

Lire l'entretien de Jaques Delors au Monde « Le plaidoyer pour le "oui" de Jacques Delors. »




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