Le mot de Notre Europe | 30/08/2006 

Il faut savoir se réjouir d'un succès : un résultat de 77% en faveur du oui à la Constitution européenne en est un. On ne peut qu'espérer un phénomène de contagion positive dans le reste de l'Union européenne. Le faible taux de participation (42%) vient certes g cher un peu la fête. Proche du niveau de celui atteint lors des élections européennes (45%), en retrait par rapport à celui du dernier référendum (sur la participation à l'OTAN - 59%) et en contraste avec celui des dernières élections législatives (77%), il est sans doute révélateur de la difficulté malheureusement généralisée en Europe de mobiliser les citoyens sur les enjeux européens.

Il est difficile, pourtant, d'y voir un désenchantement des Espagnols par rapport à la problématique européenne quand on sait que plus de deux tiers d'entre eux se déclaraient en faveur d'une Constitution européenne. l'explication que nous avancions la semaine dernière est sans doute plus réaliste : cette adhésion de principe au projet européen et l'approche consensuelle en faveur du oui qui en découle ne font pas bon ménage avec ce qui s'est révélé être un niveau très bas d'information sur la Constitution et ses enjeux. Pourquoi se déplacer pour un scrutin qui semble gagné d'avance et pour lequel on manque d'outils d'analyse ?

Les autres facteurs identifiés lors du séminaire organisé par Notre Europe et l'Institut Elcano le 31 janvier se révèlent également pertinents. Parmi ceux-ci : la position en retrait du PP - même si officiellement pour le « oui » - qui ne souhaitait pas concourir au plébiscite du gouvernement en place, une campagne qui portait moins sur la Constitution que sur l'Europe en général et une faible connaissance de la technique référendaire reflétée dans la stratégie de communication du gouvernement.

S'il faut donc éviter le triomphalisme, ne boudons pas non plus ce premier succès : la ratification par référendum a pris un bon départ.

Voir aussi : le mot de Notre Europe du 14 février et le compte-rendu du Séminaire du 31 janvier 2005




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