Le mot de Notre Europe
| 16/06/2010

Les institutions européennes ont cette grande qualité d'incarner et d'assurer la continuité et la stabilité du projet européen. C'est ainsi que la crise belge n'aura qu'un impact limité sur l'organisation de la présidence tournante occupée pour les six prochains mois par la Belgique. Le programme préparé à l'avance pourra se dérouler sans trop d'encombres, car les Ministres présidant les Conseils sectoriels pourront s'appuyer sur la Commission et la présidence désormais stable du Conseil européen. Il y a cependant des moments de l'histoire où l'on aimerait qu'un petit grain de sable vienne enrayer cette belle mécanique afin de prendre le recul nécessaire pour réaliser et pleinement intégrer le caractère exceptionnel de la période traversée par l'Union. Le Conseil européen de juin doit adopter la stratégie dite «
Europe 2020 », stratégie de croissance pour l'UE dans les dix prochaines années. Parallèlement, un groupe de travail présidé par H. Van Rompuy planche sur la question de la
gouvernance économique tandis que d'autres réfléchissent à la relance du Marché intérieur suite à la publication du rapport Monti. Dans peu de temps s'ouvriront les négociations budgétaires qui détermineront les perspectives financières de l'Union pour la période 2014-2020. La crise économique sans précédent et ses conséquences sociales d'une part, la nécessaire transition vers une économie à faible émissions de carbone d'autre part, créent un contexte qui devrait amener les décideurs européens à
faire converger ces différents processus de négociation vers une vision commune, une véritable Stratégie pour l'économie européenne, que l'ensemble des acteurs et des citoyens devraient pouvoir s'approprier.