Notre actualité | 26/03/2010

Mention du rapport sur le Partenariat Euro-Américain dans la revue "AGEFI" du 23 mars 2010.

Les Européens n'ont aucune chance d'influencer la naissance d'un nouvel ordre monétaire global tant qu'ils continueront à y être collectivement impuissants.

HENRI SCHWAMM*

La Fondation Notre Europe - laboratoire de pensée indépendant dédié à l'unité européenne -, créée par Jacques Delors en 1996 et actuellement présidée par Tommaso Padoa Schioppa, vient de publier la quintessence des travaux de son groupe de réflexion sur l'avenir du partenariat euro-américain, composé d'anciens ministres et de chefs de gouvernement européens.

Tous les participants partagent un souhait: que le partenariat eu-roaméricain devienne le plus rapidement possible un tremplin pour l'émergence, entre autres, d'une gouvernance économique globale.

Entendez par là que les auteurs, plutôt que de suggérer telle ou telle stratégie ponctuelle (juguler le réchauffement climatique ou gérer la crise financière internationale), proposent à l'Union européenne et à ses Etats membres, ainsi qu'aux Etats-Unis, d'«adopter d'abord et en urgence une doctrine commune pour la maîtrise de la mondialisation ».

Cette doctrine commune prendrait appui sur quatre piliers qui sont autant de lignes directrices fortes:

  1. la pratique et la promotion du multilatéralisme comme fondement des négociations internationales («le multilatéralisme offre en effet la seule véritable protection collective contre les aléas et les dérives du rapport de forces brut»);
  2. la recherche et l'acceptation d'un partage des souverainetés pour la gestion des enjeux globaux de la mondialisation («la mondialisation n'est ni un destin implacable pour tous ni, à l'inverse, une garantie collective de prospérité. Elle est - et surtout sera - le résultat des stratégies et des compromis politiques ("¦) qui émergeront du jeu complexe des relations internationales»);
  3. la valorisation du partenariat euro-américain, moins comme condition du leadership occidental que comme tremplin de partenariats globaux avec tous les acteurs de la scène internationale (l'«ouest» sans «le reste», pour reprendre la formule de Samuel Huntington, auteur du Choc des civilisations, livre mondialement célèbre, «ne peut faire la différence ni apporter, seul, des solutions aux défis de la mondialisation »);
  4. le renoncement aux doubles démons euro-américains que furent l'illusion des souverainetés nationales d'un côté, l'illusion de l'hégémonie impériale de l'autre («la mondialisation exige que les Européens découvrent une sorte d'intérêt national européen». Le recours aux enceintes multilatérales est dans l'intérêt de la puissance américaine).

Les Européens ont le mérite d'avoir inventé, en proposant le cadre du G20 à l'automne 2008, «l'échelon mondial pertinent pour la régulation de la crise économique et financière » (pas assez pertinent du point de vue suisse). Les membres du groupe de réflexion de la Fondation Notre Europe sont formels: «Cela est loin d'être suffisant, C'est un ordre monétaire qu'il faut reconstruire.

Un déclin du prix et du rôle international du dollar suite à la crise et au déclin relatif de la puissance financière américaine constituerait une menace majeure pour l'économie européenne s'il devait amener à une appréciation forte de l'euro. Seul un nouvel accord monétaire international fondé sur un standard commun peut assurer un ajustement ordonné des déséquilibres extérieurs et l'ouverture des échanges, certainement pas une substitution - même partielle - de l'euro au dollar ». Vaste programme!

Les Européens n'ont aucune chance d'influencer la naissance d'un nouvel ordre monétaire global tant qu'ils continueront, malgré une surreprésentation (8 sièges pour les Etats membres de l'UE et la Commission) au sein du G20, à y être «collectivement impuissants » et complètement marginalisés par les autres grandes puissances, Chine et Etats-Unis en tête.

* Université de Genève




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Étude par Le groupe de réflexion de haut niveau sur les relations Union européenne/Etats-Unis | 16/03/2010
Rassemblé à l'initiative de Notre Europe, le Groupe de Haut niveau sur l'avenir du partenariat euro-américain, composé d'anciens ministres et chefs de gouvernement européens, dresse un bilan lucide des évolutions du monde et de leur impact sur l'Union européenne et les Etats-Unis. Il propose surtout une approche nouvelle - loin des illusions nationales de l'Union et impériales de l'Amérique - pour que le partenariat euroaméricain devienne également un tremplin pour l'émergence d'un partenariat global.
Et aussi
Tribune par | 30/03/2010
Article de Jean-Pierre Stroobants paru dans Le Monde du 26 mars 2010 et faisant référence au rapport de Notre Europe "Partenariat Euro-Américain: une nouvelle approche"
Tribune par Sami Andoura | 26/03/2010
Sami Andoura était invité à l'émission "Allo Bruxelles" du 26 mars 2010 pour présenter un rapport sur le partenariat euro-américain dont il est l'un des coordinateurs.
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