Notre actualité | 26/03/2010
Article de Jean-Pierre Stroobants publié dans "Le Monde" du 26 mars 2010.
S'ils avaient, à l'époque, pu nourrir un doute, tous les spécialistes des relations internationales l'ont balayé : l'échec du sommet de Copenhague sur le climat, en décembre 2009, restera bel et bien comme un moment fort de l'histoire politique de l'Union européenne. Mise à l'écart de la négociation finale, celle-ci est entrée, ensuite, dans une phase de crise : elle a vu se matérialiser le spectre de sa marginalisation.
Après l'épisode danois, les Européens ont commencé à s'interroger sur Barack Obama, les difficultés de la "relation transatlantique" ont été étalées au grand jour, et l'exercice d'illusionnisme de l'Union, qui affirme publiquement son intégration mais s'astreint chaque jour au respect des prérogatives nationales, a montré ses limites. Copenhague a, en fait, illustré le fait que, lorsqu'ils sont désunis, les Vingt-Sept ne pèsent que d'un poids de plus en plus relatif, et que, lorsqu'ils sont unis, comme ce fut globalement le cas lors de ces discussions climatiques, cela ne suffit plus à assurer leur influence...