Nous signalons | 09/12/2011

Article de Maria João Rodrigues et Guillaume Klossa paru dans Le Monde du 7 décembre 2011.


Avec la crise, les citoyens européens ont pris conscience de l'inadaptation de nos Etats-nations, de l'Union européenne et de la zone euro face à la nouvelle donne mondiale. Plus inquiétant, la succession des Conseils européens de la dernière chance - plus d'une quinzaine depuis le début de la crise grecque - a mis en évidence l'incapacité de la méthode intergouvernementale à proposer des solutions ambitieuses pour faire face à la crise.

La difficulté et la lenteur à mettre en oeuvre les engagements européens ont miné la crédibilité de l'Europe. Elles ont également mis en lumière la faiblesse du leadership européen et l'incapacité à définir un intérêt général commun qui ne se résume pas au plus petit commun dénominateur des positions nationales. Et il faudra en tirer les enseignements le moment venu avec un nouveau traité amorçant un virage fédéral, remettant le citoyen au coeur du projet européen et visant à transformer l'UE en véritable puissance publique démocratique capable de veiller aux intérêts européens dans le monde.

Dans l'immédiat, l'urgence est d'abord d'apporter une réponse crédible, durable et acceptable par tous à la crise et de remettre l'Europe et la zone euro sur le chemin de la stabilité et de la croissance. Une révision des traités, parce qu'elle risque d'être lente à acter, parce qu'elle va diviser les Européens et notamment ceux qui sont dans la zone euro et les autres, comme a pu le souligner l'ancien chancelier Helmut Schmidt, et surtout parce qu'elle risque d'être insuffisante si elle est préparée dans l'urgence, n'est pas à notre sens la solution la plus adéquate...

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L'auteur
Maria João Rodrigues est professeur d'économie à l'institut universitaire l'ISCTE à Lisbonne. Elle est conseillère pour les politiques économiques et sociales auprès de la Commission européenne. Ancienne Ministre pour l'emploi et conseiller spécial du Premier Ministre, elle a été en charge du suivi du Conseil européen de Lisbonne de 2000.