Nous signalons | 26/06/2008

Le «non» irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne révèle une crise profonde qui doit pousser les dirigeants européens à réexaminer les fondements du pacte qui les unit, estime Renaud Dehousse, directeur du Centre des études européennes de Sciences Po.

Le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne met les dirigeants de l'Europe dans une situation très difficile. Sans un réexamen profond du pacte qui unit les Européens entre eux, l'Europe court vers de nouveaux blocages. La crise est désormais trop profonde. Un repl trage ne suffira plus.

Premièrement, ce référendum confirme que l'Europe souffre d'une fracture sociale. à€ nouveau, si l'on en croit les premières analyses, un projet massivement appuyé par les élites (des forces politiques représentant 90 % des élus au Parlement) a été rejeté de façon tout aussi nette par les couches les moins favorisées. La répartition du « Non » révèle aussi un clivage entre villes et campagnes semblable à celui qui existait en France en 2005. Le message est le même : les mutations rapides de l'économie et de la société auxquelles nous assistons sont génératrices d'anxiété.

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L'auteur
Conseiller scientifique. Professeur Jean Monnet à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et directeur du Centre européen de Sciences Po. Processus d’intégration européenne, relations avec les secteurs académique et de la recherche.