Tribune
| 01/02/2007

Diagnostic sans concessions sur les causes et les conséquences de
l'échec du referendum français en 2004 : Pierre Moscovici, en bon
socialiste français et en européen convaincu, nous livre une analyse
politique aussi fouillée que poivrée des antécédents de cette
catastrophe, dont il repère les signes annonciateurs dès 1992. Puis de
ses conséquences, lorsqu'il décrit les symptômes de la syncope
européenne actuelle et quelques scénarios pour l'avenir.
Les
amateurs de formules pour discours, radios du matin ou télés du soir se
régaleront. Exemple, pour vous faire saliver, lorsque Pierre Moscovici
ironise sur ceux qui, dépités de n'avoir pas réussi à faire la France
en grand, se donnent désormais pour projet de faire l'Europe en petit.
Captivant
dans ses descriptions, l'auteur est moins convaincant sur la thèse
apparemment centrale de son ouvrage : la "fin" d'une Europe ; le
"début" d'une autre. Il n'adopte ni la posture des fédéralistes déçus
(il serait "trop tard pour poursuivre le rêve d'un projet politique
intégrateur"), ni celle des vieux routiers ("on en a vu d'autres").
Soit. Mais quelques recettes bien classiques (des "projets", du
"concret", du "social", de la "géométrie variable") ne font pas une
stratégie européenne de remplacement, si toutefois tel est bien le
problème.
Pierre Moscovici : L'Europe est morte, vive l'Europe (Perrin, 2006, 15,80 ‚¬)