Tribune | 31/08/2000 

Les valeurs se développent dans un contexte précis, dans sa dimension spatiale comme dans sa dimension historique. Elles ne sont ni pré-établies, ni éternelles. Elles se déclinent d'une manière abstraite, mais s'incarnent dans des actions et des institutions concrètes. Autrement dit, elles illustrent à la fois une représentation du monde et un comportement. Le débat est donc permanent entre les tentatives d'exprimer formellement ces valeurs et leur traduction dans la vie concrète. Le danger est qu'au nom du pragmatisme ou mues par un certain cynisme, les acteurs de la société ne s'acharnent à étouffer le débat. C'est un risque permanent, et plus particulièrement en ce début de XXIème siècle, en raison de la domination d'un certain économisme et du désenchantement de la politique.

Je vous propose, pour notre réflexion en commun, un cadre rappelant les principaux paramètres de l'évolution contemporaine, avant de discerner, entre l'immuable et le changeant, ce que sont, me semble-t-il, les valeurs dominantes. Partant d'un regard critique sur le monde contemporain, je ne saurais me soustraire, pour terminer, à quelques propositions susceptibles, selon moi, de faire progresser notre humanité et nous-mêmes, en tant que personne.




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L'auteur
Jacques Delors a présidé la Commission européenne de 1985 à 1995. En octobre 1996 il a créé le Groupement d'études et de recherches Notre Europe, dont il est aujourd'hui le président fondateur. De mai 2000 à juillet 2009, il fut également président du CERC - Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Assistantes : Ute Guder et Christelle Vasseur Conseiller : Jean-Pierre Bobichon Presse: Stéphanie Baz