Tribune | 09/06/2010

Interview publié dans Sud Ouest du 7 juin 2010.

 

L'ex-président de la Commission européenne revient sur la crise grecque, met en garde contre la tentation de quitter la zone euro et prône une Europe ambitieuse.

« Sud Ouest ». La crise de l'euro ne donne-t-elle pas raison à ceux qui, comme Philippe Séguin, reprochaient au traité de Maastricht d'avoir mis la charrue avant les boeufs et l'Union monétaire avant l'Europe politique ?

Jacques Delors. Faire l'Europe politique, c'est-à -dire mettre en place un gouvernement fédéral, n'aurait jamais fait consensus au sein des pays membres de la Communauté européenne. Le bilan de l'euro, durant les dix premières années, est plutôt positif. La zone euro a connu un taux de croissance annuel de 2,1 % et créé 15 % d'emplois supplémentaires. J'ai toujours dit que l'euro protège (même des bêtises commises par certains pays), mais ne stimule pas. Il y avait dès le départ un vice de construction : la partie monétaire était bien faite, la partie économique insuffisante. Autrement dit, l'euro ne fonctionnait que sur une jambe. Et je plaide depuis quinze ans pour un rétablissement de cet équilibre qui était à la base du rapport du comité Delors (1989)...

Lire la suite de l'interview sur le site de Sud Ouest

Cet article a été repris par Le Parisien




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L'auteur
Jacques Delors a présidé la Commission européenne de 1985 à 1995. En octobre 1996 il a créé le Groupement d'études et de recherches Notre Europe, dont il est aujourd'hui le président fondateur. De mai 2000 à juillet 2009, il fut également président du CERC - Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Assistantes : Ute Guder et Christelle Vasseur Conseiller : Jean-Pierre Bobichon Presse: Stéphanie Baz