Tribune | 19/02/2010

Editorial publié par le magazine Challenges dans le numéro paru le 18 février 2010

L'affaire grecque met à l'épreuve la solidarité entre les pays membres de l'Union Economique et Monétaire, mais, plus encore, elle illustre les lacunes de celle-ci.

Lors du bilan des dix ans de l'Euro, J'avais rappelé, une fois de plus, que la monnaie européenne protège les pays membres, mais ne les stimule pas. Bien plus, elle les protège même de leurs bêtises. Pourquoi est-il ainsi ?

Pour cela, il n'est pas inutile de revenir en arrière.

En 1988, dans une de ces rares périodes d'euphorie qu'a connue l'Union européenne, le Conseil européen décide de mettre à l'étude la question de la monnaie unique. Il me demande à cette fin de présider un Comité composé des Gouverneurs de Banques Centrales et de personnalités qualifiées. Ce rapport est adopté en juin1989 par le Conseil européen. Il expose les conditions, les étapes et les structures d'un Union Economique et Monétaire. Il consacre plus de place à l'économique qu'au monétaire.

Ainsi, la partie économique devrait comprendre quatre éléments fondamentaux : le marché unique, une politique de concurrence, des politiques communes visant à l'ajustement structurel et le développement régional, une coordination des politiques économiques, comprenant des règles contraignantes en matière budgétaire...




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L'auteur
Jacques Delors a présidé la Commission européenne de 1985 à 1995. En octobre 1996 il a créé le Groupement d'études et de recherches Notre Europe, dont il est aujourd'hui le président fondateur. De mai 2000 à juillet 2009, il fut également président du CERC - Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Assistantes : Ute Guder et Christelle Vasseur Conseiller : Jean-Pierre Bobichon Presse: Stéphanie Baz