Tribune | 25/05/2010

Article publié dans Les Echos du 25 mai 2010.

Parmi les nombreux défis auxquels la crise de la zone euro confronte les responsables politiques européens, la complexité du message à délivrer à des opinions publiques légitimement désorientées par une situation sans précédent n'est pas la moindre des difficultés.

La première dimension du problème concerne l'appréciation à porter sur la réponse européenne à cette crise, dont dépend en partie la confiance que l'on peut avoir en l'avenir de la monnaie unique.

Il est facile à cet égard de pointer du doigt le déni de réalité initial à l'égard de la situation grecque, la rigidité de Berlin, les divisions et atermoiements et leurs effets dévastateurs sur les marchés et le niveau de l'euro, avant l'abandon final des « grands principes » de l'UEM.

Mais il serait plus constructif, et plus juste dans la durée, de saluer l'importance politique et économique du plan de sauvetage de 750 milliards d'euros adopté le 9 mai 2010, le courage politique d'Angela Merkel, le pragmatisme de la BCE, la levée du tabou sur le mot « intégration », qui avait depuis longtemps disparu du vocabulaire européen, voire les vertus économiques d'un ajustement de l'euro à la baisse...

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L'auteur
Normalien, diplômé de Harvard, avocat aux barreaux de Paris et de New York. Laurent Cohen-Tanugi mène depuis vingt ans une réflexion originale et passionnée sur les grandes problématiques politico-économiques du monde contemporain.