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"La France doit retrouver son leadership en Europe"
Tribune | 30/06/2008 Propos recueillis par Catherine Chatignoux et Françoise Crouà¯gneau, Les Echos, 30 juin 2008
La France hérite de la présidence de l'Union au moment où les opinions publiques expriment défiance ou lassitude envers l'Europe. Les citoyens réclament une autre Europe ou moins d'Europe ?
L'opinion publique est une notion difficile à cerner et si facile à manipuler que chacun est tenté de l'utiliser à son profit : Il faut résister à cette tentation . Avant même le " non " irlandais, si l'on fait la somme des "oui" et des "non" dans les pays où s'est déroulé un référendum sur le traité constitutionnel en 2005 - l'Espagne, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas -, le "oui" est majoritaire ! Les sondages eurobaromètres montrent que dans leur majorité, les Européens veulent une Défense commune et plus d'Europe dans toute une série de domaines. Mais si l'Europe leur est présentée par des gouvernement frileux, et dans un langage incompréhensible, les gens disent non. La question n'est pas "combien d'Europe", mais "comment l'Europe ?". On peut d'ailleurs contester l'utilisation même du référendum, obligatoire en Irlande, interdit en Allemagne et en Italie, facultatif en France et aux Pays-Bas. Les Allemands ont compris qu'il s'agit d'une forme dangereuse d'exercice de la démocratie depuis qu'Hitler s'en est servi pour consolider son pouvoir. En Italie il est exclu par la Constitution dans le domaine fiscal et les traités internationaux ce qui à mon sens une mesure de sagesse. En France et aux Pays Bas, le référendum a constitué une abdication de leur responsabilité par les gouvernements en place.
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L'auteur |
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Tommaso Padoa-Schioppa est décédé le 18 décembre 2010 à l’âge de 70 ans. Il était Président de Notre Europe et de Promontory Europe. Il avait été nommé le 3 août 2010 par le Premier Minsitre grec, George Papandreou, Conseiller pour les questions liées à la gestion de la crise économique et de la dette publique au système financier. Il était Président du Comité des Garants de la Foundation & International Financial Reporting Standards (IFRS). Il était ancien Ministre de l'Economie et des Finances italien (2006-2008) et Président du Comité Ministériel du Fonds Monétaire International (IMFC, 2007-2008).
Il a été Président de la Fondation de l'IASC (International Accounting Standard Committee, 2005-2006). Entre 1998-2005, il fut membre du premier Conseil d'Administration de la Banque Centrale européenne. Auparavant il fut Président de la Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (CONSOB, 1997-98), Directeur Général Adjoint de la Banca d'Italia (1984-97) et Directeur Général pour les Affaires Economiques et Financières à la Commission européennes (1979-83). Co-rapporteur du Comité Jacques Delors pour l'étude sur l'Union Economique et Monétaire (1988-1989) ; président du Comité Consultatif Bancaire de la Commission des Communautés européennes (1988-1991) ; du Comité de Bà¢le sur le Contrôle Bancaire (1993-1997) et du "Committee on Payments and Settlement Systems" du G10 (2000-2005).
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Le mot de Notre Europe | 13/06/2008
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