Tribune | 10/03/2005 

Un ton unique. Jacques Delors n'a rien perdu de sa qualité première. Je me réfère à l'effet tonique de ses propos lorsqu'il parle de l'Europe. Il peut être mécontent, voire déçu, de certaines évolutions actuelles de la construction européenne, mais rien n'y fait : même ses réserves ou critiques ont ce ton qui n'est qu'à lui et qui rend l'espoir et la confiance. Ceux qui ont eu l'occasion de l'entendre pendant ses deux journées bruxelloises de la semaine dernière peuvent en témoigner : même les plus désabusés ou sceptiques, après l'avoir écouté, se sentent davantage confiants en l'avenir de l'Europe et retrouvent au moins en partie l'élan perdu. Combien il est éloigné de ceux que J'appellerais « les aigris de l'Europe », qui, en voyant l'unité européenne évoluer dans un sens qui ne correspond pas tout à fait au rêve de leur jeunesse, deviennent amers et agressifs !




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L'auteur
Jacques Delors a présidé la Commission européenne de 1985 à 1995. En octobre 1996 il a créé le Groupement d'études et de recherches Notre Europe, dont il est aujourd'hui le président fondateur. De mai 2000 à juillet 2009, il fut également président du CERC - Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Assistantes : Ute Guder et Christelle Vasseur Conseiller : Jean-Pierre Bobichon Presse: Stéphanie Baz