Tribune | 30/06/2006 
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Notre Europe, en collaboration avec le Professeur Andrew Moravcsik de l'Université de Princeton, a invité des penseurs, acteurs et observateurs éminents de l'UE à débattre du thème suivant: « Légitimer l'UE par la participation et la délibération : mythe ou réalité ? ».

Notre Europe a publié les réactions des Professeurs James Fishkin (Stanford) et Paul Magnette (ULB) au récent article du Professeur Moravcsik, "What Can We Learn from the Collapse of the European Constitutional Project?". Cette semaine : Pepper Culpepper (Harvard). La semaine prochaine : Loukas Tsoukalis (Hellenic Foundation for European and Foreign Policy, Athens), Giandomenico Majone (European University Institute). Notre Europe apportera sa propre analyse.

Cette initiative coïncide avec le lancement de notre nouveau site Internet, dont nous nous servirons pour stimuler régulièrement de tels débats transnationaux de haut niveau.




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Ils réagissent
Je suis prêt à accepter beaucoup des critiques et réserves mises en avant par les participants à ce forum à l'égard mon scepticisme envers le renforcement de la participation et de la démocratie dans l'Union Européenne. Sur d'autres questions, il nous faudra rester sur nos positions. Je reprends ci-dessous chaque critique à tour de rôle.
Ils réagissent | 20/10/2006
Je suis d'accord avec la plupart des points soulevés par le Professeur Moravcsik dans son stimulant article sur les leçons à tirer de l'effondrement du projet constitutionnel européen. Je partage donc ses doutes sur l'utilité de l'exercice qui a précédé la version préliminaire du Traité Constitutionnel - un exercice de relations publiques ; mais aussi, comme le note Moravcsik sans développer ce point, une tentative de relance de la popularité à bout de souffle de l'Union. Je suis aussi d'accord sur le fait que la participation et la réflexion n'engendrent pas forcément une légitimité politique. Elles peuvent même entraîner plus de désaccords ; tout dépend du type de décisions en matière de politiques, question actuellement en cours de discussion.
Ils réagissent | 12/10/2006
L'article d'Andrew Moravcsik me semble répondre en tous points à ce que les politologues empiristes pouvaient attendre du comportement de citoyens confrontés à un débat quasi-constitutionnel. Il aurait pu étayer son argument en prenant à témoin les enquêtes statistiques (par exemple Schmitt and Thomassen 1999; Gabel 1998; van der Eijk and Franklin 1996).
Ils réagissent | 12/10/2006
Je conviens avec Andy Moravscik que plus de « participation » n'est pas, en soi, un remède aux maux de l'Europe. J'ai toujours considéré le « déficit démocratique » comme un symptôme plutôt qu'une cause des problèmes soutendant l'intégration politique en Europe. Et je ne saurais contester le point de départ de Moravscik selon lequel on se disputerait moins autour de l'UE si on lui prêtait moins d'attention.
Ils réagissent | 10/10/2006
Moravcsik a tout à fait raison d'observer que le projet constitutionnel européen a raté son entreprise de mobilisation des citoyens dans l'ensemble des pays Membres, comme sa quête de soutien pour l'approfondissement de l'intégration. Comment pouvait-il en être autrement? Le mot constitution est impropre, des changements dans les procédures de vote du conseil et la rotation des présidences sont peut-être un pas dans la direction d'une meilleure prestation ; mais ça laisse sur sa faim alors que la section politique du vieux traité demeure pratiquement inchangée. On a fait de changements dans les pratiques un projet politique majeur, et cela a fait long feu - quand ça n'a pas eu l'effet inverse.
Ils réagissent | 06/10/2006
Une argumentation clairement raisonnée, même lorsqu'elle est complètement erronée, est toujours la bienvenue dans le cadre du débat sur la crise présumée de la démocratie au sein de l'Union Européenne. La récente contribution d'Andrew Moravcsik est certainement bien argumentée, et nous partageons de tout coeur son rejet de la récente Constitution Européenne en tant que projet juridique motivé avant tout par des raisons de relations publiques. Ses leçons, sur ce que l'on peut apprendre de cette débâcle, sont cependant discutables. Nous nous interrogerons sur deux éléments centraux en particulier : son fondement dans les sciences politiques empiriques et les implications de ces constatations pour les questions de démocratie.
Ils réagissent | 03/10/2006
Les lecteurs assidus d'Andrew Moravcsik reconnaîtront ici les qualités qui ont fait la réputation de ses écrits : un argument dense, construit de manière systématique, et polémique dans le sens le plus noble du terme. Ils retrouveront aussi quelques-unes des thèses avancées par l'auteur dans ses publications antérieures les plus fameuses : l'Union européenne n'est pas un Etat fédéral en devenir, le status quo est plus solide et plus rationnel qu'il y paraît de prime abord, et le déficit démocratique est un mythe. Moravcsik condense et prolonge à la fois ces thèses, selon la méthode schumpeterienne qui lui est familière : déceler une conviction ayant acquis dans la littérature le statut d'un quasi-axiome, et la démonter en usant des ressources les plus robustes des sciences sociales contemporaines...
Ils réagissent | 28/09/2006
La critique que fait Moravcsik de la consultation populaire européenne porte essentiellement sur deux enchaînements d'idées qu'il estime discutables1 : Le premier est qu' "une plus grande participation engendre une délibération mieux informée." Et le second qu' "une activité décisionnelle mieux informée, plus intensive engendre une plus grand confiance publique et un sens plus profond de notre identité et légitimité communes " (p. 222). Les faiblesses supposées de ces propositions remettraient en cause la notion que "des formules démocratiques plus populistes et délibératives " pourront "engendrer participation et légitimité" (p. 221).
Ils réagissent | 28/09/2006
L'auteur
Professeur, Université de Princeton