Tribune
| 21/09/2010

Article paru dans la Revue "Projet" n° 317 – 2010, pp. 73-79.
Comparée à un séisme, la crise peut être décrite comme l’interaction de trois mouvements tectoniques. L’un, plus superficiel, est la panique financière qui s’est emparée du marché, à partir de septembre 2008 (en réalité, elle était déjà installée en août 2007) et qui a duré jusqu’au printemps 2009. Ce phénomène collectif, irrationnel, inspire souvent des actions opposées à celles que la prudence suggérerait.
A un niveau au-dessous, il y a eu l’éclatement de la bulle immobilière, phénomène qui consiste en une hausse des prix autoalimentée par l’attente de la hausse même. Ce phénomène des bulles spéculatives est très étudié et celle qui s’est produite n’a rien de particulier par rapport aux phénomènes antérieurs. La plus pittoresque s’était développée aux Pays-Bas au xviie siècle. Le bulbe de tulipe y avait atteint la valeur d’une année de salaire d’un employé de l’époque !
Mais au niveau le plus profond, le mouvement le plus inquiétant concerne le modèle de croissance économique fondé sur la consommation et sur la dette. On l’a vu à l’oeuvre, surtout aux États-Unis, dans les deux dernières décennies. Mais il a été très présent dans certains pays d’Europe : Espagne, Irlande, Royaume-Uni, en partie aux Pays Bas.
La crise résulte de l’interaction de ces trois phénomènes. Lorsque cette croissance et cette bulle arrivent à leur terme, il y a un moment où le doute s’installe, la peur de ne pas sortir à temps de l’euphorie se répand, le phénomène s’inverse et on passe de l’euphorie à la panique...
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