Tribune | 15/03/2010
Article publié dans "La Lettre A" du 12 mars 2010.
Les éminences grises réunies par Notre Europe plaident pour une refonte de la relation transatlantique, sous peine de voir l'UE se marginaliser encore davantage.
L'Europe et les Etats-Unis sont-ils en train de rater une opportunité historique ? C'est l'intuition du think-tank Notre Europe qui va publier, le 16 mars, les conclusions de songroupe de réfl exion de haut niveau coprésidé par Romano Prodi et Guy Verhofstadt, et auquel ont participé Jerzy Buzek, Etienne Davignon, Jacques Delors, Joschka Fischer, Nicole Gnesotto, Paavo Lipponen et Tommaso Padoa-Schioppa, des fédéraliste convaincus pour la plupart. Après neuf mois de discussions, le groupe d'experts, qui s'est réuni pour la première fois en juin (LLA n °1420), va rendre public un "plaidoyer" dans lequel il appelle de ses voeux un renforcementdu "partenariat euro-américain". Une relation qui s'est nettement distendue depuis la fi n de la Guerre froide.
Le groupe de réfl exion relève notamment un paradoxe lié à l'arrivée de Barack Obama. Depuis la chute du Mur de Berlin, jamais les Etats-Unis et l'Europe n'ont été autant en harmonie sur des sujets tels que la gouvernance mondiale, le changement climatique ou encore la gestion des confl its. Et pourtant cette "communion retrouvée" n'a encore débouché sur aucun résultat concret, comme l'ont prouvé l'échec de la conférence de Copenhague et la gestion de la crise fi nancière. D'après le groupe d'experts, une refonte de la relation transatlantique, indispensable pour répondre à ces enjeux, passe inévitablement par une plus grande intégration politique de l'Europe de manière à pouvoir traiter avec les Etats-Unis d'égal à égal.
Il y a urgence, met en garde le think-tank. La diplomatie de Washington est désormais plus ouverte et pourrait privilégier à terme des partenariats avec les puissances émergentes. Au risque de marginaliser encore un peu plus le Vieux Continent.