Tribune | 18/05/2005 

Trois semaines après le référendum, et au lendemain d'un sommet européen conflictuel, les lignes de force se dégagent peu à peu : sur les effets du double non français et néerlandais, leur intéprétation, les choix auxquels sont confrontés les Européens.

Le rejet du traité constitutionnel a d'abord eu un impact immédiat, qui était attendu. En plaçant le projet de constitution en hibernation à durée indéterminée, le Conseil européen a évacué les réformes institutionnelles et la charte des droits fondamentaux. Bien entendu, les textes en vigueur, ceux de la troisème partie, continuent quant  eux de s'appliquer.

La surprise a été l'ampleur des effets collatéraux. La mise en doute des élargissements à venir était prévisible, mais la polémique sur l'euro et la crise budgétaire l'étaient moins. Sous le choc, l'Union a révélé sa fragilité  cachée. Elle est apparue pour ce qu'elle est : un construction inachevée, en devenir, dont chaque étape s'appuie autant sur l'antiicipation de la suivante, que sur la précédente, mais dont les acteurs ne partagent pourtant pas les mêmes rêves.




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L'auteur
Jean Pisani-Ferry est directeur de BRUEGEL (Brussels European and Global Economic Laboratory) et professeur associé à l'Université de Paris-Dauphine. Il est également membre du Conseil d'analyse économique (CAE) du Premier ministre et du Groupe d'analyse de politique économique (GEPA) de la Commission européenne. Il a été directeur du CEPII (1992 - 97), et Président délégué du Conseil d'Analyse Economique (2001 - 02). Son expérience politique comprend des postes à la Commission européenne (1989 - 92) et en tant que conseiller économique du Ministre français des Finances (1997 - 2000).