Tribune | 12/11/2009
Tribune de Jacques Delors dans la revue Challenges du 12 novembre 2009.
La chute de Mur de Berlin a été célébrée et commentée comme il se devait. Depuis des reconstitutions de certains événements jusqu’à des témoignages bouleversants, sans oublier les cérémonies officielles et les hommages rendus aux grands acteurs de la période, beaucoup a été fait pour entretenir ou réveiller la mémoire de nos peuples.
Un constat cependant fait défaut, dans une conjoncture où la construction européenne est mise à mal par les soubresauts du traité de Lisbonne et le dénigrement quasi-systématique de la part de nombreux médias. Réfléchissons-y un instant. Entre le 9 novembre 1989, date de la chute du Mur, et la réunion du Conseil européen, le 30 avril 1990, il n’a fallu que cinq mois, dans ce contexte chaotique, à la Communauté européenne (appelée depuis Union) pour approuver et soutenir la réunification des deux Allemagnes.
Je n’hésite pas à affirmer que c’est un résultat remarquable et une preuve de la capacité historique de l’Europe, si l’on veut bien se rappeler les commentaires parus dans la presse européenne durant l’automne 1989. Il n’y était question que des réticences affichées par certains chefs d’Etat et de gouvernement. Lors d’une réunion extraordinaire du Conseil européen à l’Elysée (sous présidence française de la Communauté) le 19 novembre, il a fallu toute la conviction et toute la prudence d’expression du Chancelier Kohl pour éviter sinon des affrontements, tout au moins des phrases… que l’on regrette ensuite...
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