Tribune | 07/11/2011

Yves Bertoncini, Secrétaire Général de Notre Europe, a répondu aux questions du journal belge La Libre Belgique, le 5 novembre 2011. 

Lors de cet entretien, Yves Bertoncini s'est exprimé sur la crise actuelle, sur le duo franco-allemand et sur la présidence du Conseil européen.

Extraits:

Merkozy, duo gagnant pour l’Europe ?

 

On a l’impression que la communication européenne est totalement aux mains d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy. Est-ce une bonne chose ? 

 

Pas nécessairement. Quand il s’agit comme aujourd’hui de pousser des plans d’aide à certains pays européens, il y a des contreparties. Il serait utile qu’elles soient portées par des institutions européennes au-dessus des contingences nationales et qui incarnent une forme d’intérêt général. C’est la Commission européenne au premier chef, le Conseil européen avec son président stable, et le Parlement européen. L’effet pervers quand des leaders nationaux se mettent en avant, c’est qu’on retombe sur des dialogues entre états membres et que cela peut justifier des réactions d’opposition nationalistes de fierté. La légitimité pour que M. Van Rompuy et M. Barroso s’expriment sur l’Allemagne et la France, comme sur la Grèce et le Portugal, est institutionnellement claire ; le fait que Mme Merkel et M. Sarkozy dictent leur conduite à la Grèce, ça l’est moins. 

 

Mais est-ce que cette domination franco-allemande est évitable ? 

 

Le président Barroso et le président Van Rompuy prennent des positions, délivrent des messages parfois même en commun. Le problème, c’est que nous sommes dans une fédération d’Etats-nations, avec des espaces très nationaux. Au-delà du microcosme bruxellois, leurs prises de position ne sont pas du tout relayées parce que ce qui intéresse la presse allemande, ce sont les propos d’Angela Merkel, et idem pour la France. 

 

Finalement, était-il utile que l’on crée cette institution qu’est la présidence du Conseil européen, qui a été dévolue à Herman Van Rompuy ?

 

Il y avait une ambiguïté fondatrice : faut-il avoir un président du Conseil européen leader ou un facilitateur, ce que M. Van Rompuy fait assez bien. Tony Blair, qui était aussi un candidat pressenti, aurait incarné un profil de président leader, qui s’affiche, qui prend des positions. On a finalement choisi un homme très habile mais qui a pris lui-même le parti d’être plutôt discret et rare. 

 

Pour lire l'entretien en entier, merci de télécharger la pièce jointe. 




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L'auteur
Secrétaire général de Notre Europe. Direction de l'équipe de Notre Europe. Gestion du programme de travail. Questions politiques et institutionnelles, vie démocratique et mobilité. ybertoncini@notre-europe.eu